Un rapport publié cette semaine dresse un état des lieux des retombées radioactives en France métropolitaine liées à la catastrophe de Tchernobyl et aux anciens essais atmosphériques d’armes nucléaires. L’organisme identifie plusieurs régions où la radioactivité reste "plus élevée qu’ailleurs", notamment dans certains sols, herbages et produits laitiers.
Quarante après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, un rapport de l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), publié mercredi 22 avril, examine les conséquences environnementales de l’accident nucléaire ainsi que des essais atmosphériques d’armes nucléaires en France métropolitaine.
Alors qu’à l’époque, les autorités avaient assuré que le nuage radioactif s’était "arrêté à la frontière", l’ASNR constate aujourd’hui une radioactivité "plus élevée qu’ailleurs" dans plusieurs régions françaises.
Alsace, Alpes-de-Haute-Provence...
À partir de prélèvements et d'analyses radiologiques, l'ANSR a su identifier des zones de rémanence élevée (ZRE) où les sols, herbages ainsi que certaines denrées comme le lait, les fromages et la viande bovine, présentent des taux de radioactivité supérieurs à la moyenne nationale.
Ces ZRE sont localisées dans les Vosges, en Alsace, la vallée du Rhône, le Puy-de-Dôme, l'est de la Corse, les Alpes-de-Haute-Provence et les Pyrénées-Atlantiques.
L’ASNR relève toutefois une diminution progressive du césium 137 et du strontium 90, éléments chimiques radioactifs, au cours des dernières décennies. Les denrées issues de la forêt font cependant figure d’exception: elles "ont la particularité de conserver des niveaux élevés de césium 137 durant des années, voire des décennies après les dépôts radioactifs, contrairement aux denrées issues de l’agriculture et de l’élevage", souligne le rapport.
Au cœur de la centrale nucléaire de Tchernobyl 12:12
Aucune différence significative n’est en revanche observée entre les denrées agricoles, telles que les légumes-feuilles ou pommes de terre, produites dans les ZRE et celles provenant du reste du territoire.
Du côté des populations, l’exposition moyenne demeure faible, y compris dans les zones les plus contaminées, et se situe bien en dessous des seuils réglementaires. Si la carte de la radioactivité française porte encore la trace de Tchernobyl et des essais nucléaires passés, l’ASNR estime que l’impact sur la santé reste limité dans les conditions actuelles d’exposition.