Il avait poignardé son enseignante en plein cours, en 2023 à Saint-Jean-de-Luz : l’ancien élève, aujourd’hui âgé de 19 ans, a été condamné vendredi à 15 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat d’Agnès Lassalle, la cour d’assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques ayant retenu l’altération du discernement au moment des faits.

Stéphane Voirin, compagnon de la victime, s’est dit « apaisé » par le verdict vendredi soir. Il a aussi eu un mot pour les parents de l’accusé, dont la mère s’est effondrée en larmes au prononcé de la décision, soutenu par son ancien compagnon. « On est tous parents et ça va être très dur pour eux aussi », a déclaré Stéphane Voirin.

« La justice est passée », a réagi de son côté Me Thierry Sagardoytho, avocat du jeune homme, le décrivant comme conscient « des efforts et des soins » à poursuivre « qui lui permettront d’envisager un retour dans la société ».

Une « sidération » encore présente trois ans après

Le 22 février 2023, Agnès Lassalle, 53 ans, qui enseignait l’espagnol au collège-lycée privé catholique Saint-Thomas d’Aquin à Saint-Jean-de-Luz, avait été poignardée mortellement dans sa classe. La cour a estimé que la peine de 15 années de réclusion était adaptée au regard de la « gravité incontestable » des faits, commis sur une enseignante « dévouée et investie » en plein cours et devant les autres élèves.

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Le tribunal a mis en avant le préjudice particulièrement important pour les proches et la communauté éducative, avec une « sidération » encore présente trois ans après. « J’aimerais sortir de ce trauma. Vous imaginez bien qu’on ne sort pas indemne d’une telle épreuve », avait confié au Parisien Stéphane Voirin avant le début du procès, « aucune peine ne remplacera jamais la douleur de sa perte. »

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Mais « je continue de bouger, de vivre et d’aimer après la mort, avait-il ajouté, et je continue de danser. » Stéphane Voirin avait rendu un hommage très émouvant à sa compagne en dansant, seul, près de son cercueil lors des obsèques. « L’essentiel est de surmonter cette épreuve grâce à tous les soutiens vraiment importants que j’ai reçus. L’espèce humaine l’a toujours fait. Donc pourquoi pas moi ? », avait-il déclaré dans nos colonnes.

« Un risque de récidive prégnant »

Le tribunal a évoqué une « prise de conscience modérée » de l’accusé, sans « véritable réflexion sur son passage à l’acte », disant craindre « un risque de récidive prégnant » avec une dangerosité encore importante. La peine est assortie d’un suivi socio-judiciaire pendant 10 ans, comprenant notamment une injonction de soins. Le discernement et la santé psychiatrique de l’adolescent ont été au cœur des débats tenus à huis clos pendant quatre jours, au gré d’auditions d’experts psychiatres aux conclusions différentes.

Annonçant que son client ne ferait pas appel, l’avocat a dit espérer que ce procès serve de « leçon », permettant de porter une « attention particulière » à la prise en charge des adolescents souffrants de troubles psychiatriques, qui passent « en-dessous des radars ». Suivi pour une dépression grave et sous traitement après une tentative de suicide en novembre 2022, l’accusé avait expliqué notamment qu’une « petite voix » l’aurait incité à « faire le mal ».