« Ça a été un choc dans le village. » En quelques mots, la maire Valérie Bertin souligne l’émoi qui a traversé la commune de Vallière au moment de l’annonce du décès de Nathalie Baye. Depuis, l’édile et les habitants du village creusois se rappellent les bons souvenirs de celle qui a longtemps été leur voisine dans le hameau de Hussard. « Tout le monde a sa petite anecdote à raconter, indique l’élue. Ceux qui l’ont connue de près ou de loin. C’était aussi une tout autre époque. »

Pendant plus de trente ans, l’actrice a été la propriétaire d’une imposante bâtisse immanquable dans le lieu-dit. Un pied-à-terre en Limousin nécessaire pour s’accorder une respiration et une bulle intimiste loin de la capitale et des plateaux de tournage. « Elle est tombée amoureuse de ce territoire et aimait cette campagne immuable, à l’abri du monde, qui n’a pas changé depuis la nuit des temps », rapporte Jean-Marie Chevrier, ami de la comédienne depuis plusieurs dizaines d’années. Et à l’origine de sa venue en terres creusoises. « Philippe Léotard était un grand ami et elle l’avait accompagné quand il venait me voir en Creuse, se souvient-il. Puis, elle a acheté cette maison, un peu coupée du monde. Mais très simple comme elle. C’était le contraire d’une star. Elle n’était pas du tout jet-set ni people. Elle buvait de la tisane de thym et se couchait à 21 heures. »

« C’était tout une attraction ! »

Après avoir rapidement adopté le rythme de la vie locale, Nathalie Baye est devenue une figure incontournable du village. Comme si elle y avait toujours vécu. « Elle allait faire ses courses comme tout le monde alors que c’était une star, confie l’une de ses anciennes voisines. On allait boire un verre chez elle et elle était copine avec le vétérinaire du coin qui lui apportait des truites qu’il avait pêchées. » Mais la retraitée limousine se remémore également certains moments hors du temps dans les années 1980 quand un célèbre compagnon de « la belle Nathalie » posait ses valises à Vallière. « Ah Johnny ! C’était tout une attraction même si, lui aussi, venait ici pour se ressourcer et être lui-même, loin des caméras. »

De leur relation est née Laura Smet dont la marraine n’est autre que Nanée Chevrier, épouse de Jean-Marie, signe de leur profonde amitié. « Nathalie et elle s’appelaient quasiment tous les jours, affirme-t-il. Ma femme l’accompagnait très souvent dans ses voyages en Israël ou au Japon. » Ces liens ont perduré malgré la vente de la maison en 2008, vécue comme un déchirement pour beaucoup, à commencer par sa propriétaire. « Nathalie pensait que Laura allait venir en Creuse mais, pour une adolescente, la campagne ne plaît pas tellement, explique Jean-Marie Chevrier. Alors, cette maison n’avait plus de raison d’être. Et elle est allée à l’île de Ré pour un peu suivre le mouvement car tout Saint-Germain y allait. Mais Nathalie a toujours regretté d’avoir vendu cette maison et m’avait confié, il y a encore quelques semaines, vouloir la racheter si possible. »