Ce vendredi après-midi, dans les allées arborées de l’avenue du Maréchal-Juin à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), des promeneurs profitent du temps ensoleillé pour sortir leurs amis à quatre pattes. Malika et Chrystelle discutent entourées de leurs quatre chiens : Olaf et Tinjiss pour la première, Ulane et Chipi pour la seconde. « Tiens voilà Mojo ! » lance Malika en voyant arriver Martin et son labrador marron.

Ces habitants ont pris l’habitude de se croiser au gré des sorties de leurs animaux. « C’est beaucoup plus facile de sociabiliser quand vous avez un chien », sourit Martin, étudiant de 22 ans. Ces trois maîtres ne semblent pas surpris par les résultats du Palmarès 2026 des « Villes où il fait bon vivre avec les animaux » réalisé par la Fondation 30 millions d’Amis, qui a récompensé jeudi soir les communes de plus de 100 000 habitants les plus douées en la matière.

Cette année, Boulogne-Billancourt décroche la deuxième place du classement national, derrière Grenoble (Isère) et la première place francilienne, devant Paris (8e), Saint-Denis (29e), Montreuil (35e) et Argenteuil (40e).

« Ça ne me surprend pas, il y a beaucoup de verdure à Boulogne, juge Martin. C’est une ville très agréable pour les chiens. Ils ne sont pas obligés de tout le temps marcher sur le béton. Il y a aussi des caniparcs qui sont très pratiques. »

« Ici, il y a de l’espace pour les animaux », estime également Malika. « Les caniparcs, par contre, je n’y vais que lorsqu’il n’y a personne, ajoute cette assistante vétérinaire et comportementaliste animalier. Ce n’est pas terrible, car ils n’offrent pas le meilleur moyen de sociabiliser entre chiens, ils forcent le contact. »

195 distributeurs de sacs à déjections

Ce ne sont d’ailleurs pas ces espaces qui valent à la commune - qui comptait 4 707 chiens en 2025 - sa bonne note de 16,6/20. Pour l’évaluer, la Fondation 30 millions d’Amis s’est basée sur plusieurs critères : l’« accessibilité des espaces publics » (parcs, jardins et transports), la « propreté » comptabilisant par exemple le nombre de distributeurs de sacs à déjections. « Boulogne-Billancourt compte 195 distributeurs de sacs de ramassage qui livrent un million d’unités à l’année », félicite la fondation dans son communiqué de presse.

Boulogne-Billancourt, le 24 avril. Des sacs pour ramasser les déjections sont installés dans les caniparcs.

Elle a également observé la « sensibilisation à la cause animale », regardant ainsi si la ville avait un élu dédié à la condition animale ou proposait un cimetière animalier. Elle a aussi passé au crible la « solidarité » via l’octroi de subventions à des associations de protection animale et enfin la « gestion des chats libres et errants ».

C’est d’ailleurs dans cette dernière catégorie que la commune de 120 000 habitants obtient une de ses meilleures notes (18/20). Cette année, Boulogne-Billancourt a par exemple versé une subvention de 5 000 euros à l’association Félin pour l’autre, qui s’occupe de stériliser une cinquantaine de chats par an.

« Je pourrais en stériliser beaucoup plus si j’en avais les moyens, décrit Sylvie Voisin, la responsable de cette association. On est en avril et j’ai déjà tout dépensé. Du coup, je dois faire des cagnottes en ligne pour finir l’année. » Car une stérilisation coûte cher. « Cela revient environ à 250 euros pour les femelles et 180 pour les mâles, rappelle-t-elle. C’est d’ailleurs pour cela que les gens ne stérilisent pas leur bête. Le problème, c’est que les chats se reproduisent très facilement : une femelle peut avoir plusieurs portées par an. »

Un adjoint à la condition animale

Résultat : Sylvie Voisin espère qu’elle touchera un peu plus de la mairie l’an prochain. La municipalité est de son côté ravie de la place qu’elle a obtenue dans ce nouveau classement. « L’an dernier, nous étions troisième », rappelle la ville dirigée par Pierre-Christophe Baguet (LR).

« Le sujet de la condition animale est inscrit dans nos politiques publiques depuis l’élection du maire en 2008, pointe-t-elle. À l’époque, il avait fait le choix d’interdire les cirques avec animaux. » Boulogne-Billancourt a ensuite fondé l’événement « L’Animal en ville » qui propose de nombreuses activités pour célébrer la cohabitation entre les hommes et les bêtes.

« En 2020, nous avons créé un poste de délégué à la condition animale, qui est devenu un poste d’adjoint lors des dernières élections municipales, énumère également la mairie. Cet élu travaillera par exemple sur toutes les réflexions que la ville aura autour de l’espace public. »

La municipalité organise aussi des campagnes de sensibilisation contre l’abandon avant les vacances d’été et en fin d’année. Une permanence mobile se déplace également dans plusieurs parcs pour informer les propriétaires d’animaux des actions mises en place par la ville. « Nous proposons par exemple des cours d’éducation canine au parc Rothschild qui sont gratuits sur inscription », détaille-t-elle.