Les faitsUn an après la mise en place de nouveaux tarifs douaniers par l’administration Trump, les fabricants vietnamiens de vêtements et de chaussures de sport exportent plus que jamais aux Etats-Unis et en Europe. Mais les jeunes se détournent de ces emplois éreintants.

Les deux poches arrière sont brodées. La couture de la hanche est surpiquée trois fois. Et l’ourlet de ce jean est taillé pour être enfilé par-dessus des santiags. « Idéal pour monter à cheval », ce pantalon, vendu une centaine d’euros par la marque américaine Ariat, sort de l’usine Saitex, située dans le parc industriel d’Amata, à moins de 40 kilomètres de Ho Chi Minh-Ville, la capitale économique du Vietnam. Dix-sept minutes ont été nécessaires pour l’assembler, à partir d’un denim de coton bio tissé et teint par l’industriel dans un autre complexe ultramoderne, situé à une heure de route, dans l’énorme zone de Nhon Trach.

Dans l’usine de lingerie Desiper, dans une zone industrielle située au sud-ouest de Nha Trang, au Vietnam, le 27 mars 2026. NHAN TRAN POUR « LE MONDE »

L’ultime étape consiste à placer le jean sous des brosses rotatives aussi puissantes que des fraiseuses pour lui « donner cet aspect usé naturel », fait observer Jérôme Lallouette, directeur des opérations de Saitex. Puis, comme les 15 000 autres pièces produites chaque jour, ce jean sera lavé, séché, plié, emballé et transporté dans un conteneur jusqu’au port fluvial de Cat Lai, sur l’une de ses barges que l’on observe depuis les rives de la rivière de l’ancienne Saïgon, avant d’être chargé sur un cargo.

Arrivé sur les quais de Vung Tau, un port de la mer de Chine méridionale, il prendra le large pour quarante jours avant d’être livré à la marque Ariat. Et « il y a de fortes chances » qu’il échoue dans un ranch du « Midwest américain », avance M. Lallouette, le 31 mars, au terme de la visite des sites Saitex, qui aura exigé cinq heures.

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