Un engin procède à la démolition d’un bidonville sur une berge de la rivière Bagmati, à Katmandou (Népal), le 25 avril 2026. PRABIN RANABHAT / AFP

Les autorités népalaises ont entamé, samedi 25 avril, la démolition des bidonvilles abritant des milliers de personnes le long des berges de la rivière Bagmati qui borde une partie de la capitale, Katmandou, suscitant les critiques des organisations de défense des droits humains.

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Des milliers de personnes vivent depuis des décennies sur les rives de la Bagmati et de ses affluents, qui sillonnent la vallée de Katmandou, beaucoup dans des abris de fortune constitués de cabanes en bois et en tôles.

Des bulldozers sont arrivés tôt samedi, accompagnés d’un important dispositif policier, sur ordre du premier ministre nouvellement élu, Balendra Shah. « Nous procédons aujourd’hui à l’évacuation des habitations de ce quartier », a rapporté à l’Agence France-Presse Bishnu Prasad Joshi, chef de la police de Katmandou.

Zones « désorganisées et exposées aux inondations »

M. Joshi a précisé que des avis d’évacuation avaient été diffusés plus tôt afin que les habitants puissent quitter les lieux avant vendredi soir, pour permettre le début des travaux de démolition. « Nous sommes là pour les aider s’ils n’ont nulle part où aller. » L’expulsion s’est déroulée dans le calme et les habitants ont chargé leurs meubles et leurs effets personnels dans de petits camions, emportant leurs sacs.

Le nouveau premier ministre a défendu le projet, arguant sur les réseaux sociaux vendredi qu’il était important d’éviter aux citoyens de vivre dans des zones « désorganisées et exposées aux inondations » et que cela permettrait de remédier à la situation des rivières encombrées de déchets.

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Katmandou et sa région avaient été touchées par des inondations meurtrières en septembre 2024. « Ce gouvernement apportera une solution définitive à ce problème qui perdure depuis des années », a-t-il déclaré, en précisant que les véritables occupants illégaux se verraient attribuer des terres.

Mais pour Amnesty International, ces expulsions forcées constituent « un dangereux recul de la gouvernance légale » et témoignent « d’une approche de plus en plus autoritaire ».

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« Expulser des familles sans vérification préalable, sans consultation sérieuse ni garantie d’un logement de remplacement sape cet engagement et risque de transformer un défi de gouvernance en une crise des droits humains qui aurait pu être évitée », a réagi vendredi dans un communiqué Nirajan Thapaliya, directeur d’Amnesty International Népal.

Un bidonville en cours de démolition sur une berge de la rivière Bagmati, à Katmandou (Népal), le 25 avril 2026. PRABIN RANABHAT / AFP