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ENTRETIEN - L’historienne spécialiste de l’Ukraine et de la Russie a eu accès, pour la première fois, aux archives du KGB consacrées à Tchernobyl. Des documents exceptionnels qui ont nourri un livre : « Le KGB à Tchernobyl », publié aux Éditions Premier Parallèle.

LE FIGARO.- À travers les archives auxquelles vous avez eu accès, comment expliquer la catastrophe de Tchernobyl ?

Galia ACKERMAN.- Elle a été préparée, en quelque sorte, par un enchaînement de circonstances. D’abord, le réacteur. Il était simple à construire, bon marché et considéré comme relativement sûr. L’un de ses concepteurs, l’académicien Alexandrov, affirmait même qu’il était à ce point sécurisé qu’on aurait pu l’installer sur la place Rouge ! Pourtant certains experts interrogés à l’époque par le KGB avouaient qu’il pouvait devenir instable. Par ailleurs, il n’avait pas d’enceinte de confinement. Deuxième chose : le personnel de la centrale n’était pas suffisamment qualifié. Il était composé d’électriciens et de spécialistes des turbines qui n’avaient pas de connaissances en physique nucléaire et ne savaient donc pas réagir à une situation extraordinaire.

Enfin, il y a eu des défaillances techniques qui expliquent qu’au lieu de s’arrêter comme c’était programmé, le…