REPORTAGE - Dans un pays considéré comme l’un des plus pauvres au monde, la misère broie des millions de vies. Sur les hauteurs de la capitale Antananarivo, Akamasoa est une oasis et fait figure d’exception. Depuis près de quarante ans, le père Pedro s’est engagé ici auprès des plus démunis.
Avant d’arriver dans le district d’Akamasoa, il faut d’abord passer l’épreuve de cette ville tentaculaire qui enserre les êtres de son âpreté. Antananarivo est impitoyable. Elle éreinte ses habitants, qui luttent au quotidien pour exister, pour subsister. La pauvreté, ici, ne fait pas de quartier. Il faut être capable de la regarder en face ou alors avoir la faiblesse de détourner le regard de ces enfants qui mendient avec le désespoir de ceux qui connaissent la faim mieux que personne. Détourner le regard, aussi, de cette vision au détour d’une rue : ce bébé de quelques mois à peine, accessoire de mendicité, épuisé, gisant face contre terre dans une layette rose élimée sur un trottoir à proximité des voitures.
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Antananarivo s’éveille doucement, étouffant sous la misère, la douleur et les embouteillages. Les coups de klaxon rageurs semblent vouloir exprimer bien plus que la simple impatience. Les minibus sont bondés et débordent de ces pauvres hères entassés, accrochés pour ne pas tomber…