Réservé aux abonnés

REPORTAGE - Un an après l’impact d’un drone de type Shahed sur l’arche, la Berd estime le coût à 500 millions et lance un appel aux donateurs internationaux pour cette somme astronomique, affirmant que le temps presse face aux risques de corrosion.

«Gants ? Masques ?» La blouse blanche boutonnée jusqu’au menton, Arthur Ovsepian vérifie la tenue de protection de ses visiteurs. Il glisse un dosimètre dans la poche intérieure, chargé d’indiquer la radioactivité à laquelle le corps est soumis ; un second à l’extérieur, pour mesurer celle de l’air ambiant, autour du réacteur numéro 4. Passé un palier où l’on trempe ses semelles dans une bassine de liquide chimique, censé neutraliser les charges radioactives éventuelles, on pénètre sous l’immense arche de 108 mètres de haut. Achevé en 2019 par un consortium d’entreprises françaises, Vinci et Bouygues, le nouveau confinement sûr (NCS) est une pièce unique au monde. Financé par 28 pays, via la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), il a remplacé l’ancien sarcophage soviétique, construit à la hâte après la catastrophe de 1986. Sa fonction est de confiner les plus gros déchets radioactifs pendant les cent prochaines années. Mission fortement compromise…