REPORTAGE - Dans le village chrétien de Deir Mimas, situé dans la zone tampon instaurée par Israël, les habitants témoignent de la présence de Tsahal et craignent d’être encerclés.

Passé le dernier check-point des Forces armées libanaises (FAL), l’itinéraire s’engouffre dans la vallée du fleuve Litani, en contrebas du château de Beaufort, qui battait pavillon israélien quelques jours auparavant. La route, dont l’asphalte garde la cicatrice d’une frappe de drone, est déserte. Les ruelles pavées de Deir Mimas le sont tout autant. Seule la municipalité permet de confirmer que le village chrétien n’est pas fantôme. Il est 11 heures passées et dans son bureau aux fenêtres obstruées, Souhiel Jamra s’installe à peine. L’édile revient de l’est de la commune, où il a supervisé une opération permettant à l’un des curés d’aller récupérer des affaires chez lui, en coordination avec les FAL, les Casques bleus et avec l’aval de l’armée israélienne. La maison du prêtre est située dans une zone où Tsahal est susceptible de mener des opérations. « Nous n’avons pas d’interdiction directe d’y accéder, mais c’est une zone d’activité donc c’est très dangereux de s’y rendre. Les Israéliens…