« Le Monde » a demandé à Jean-Matthieu Gautier de réaliser une série de portraits sur le thème du visage. Les personnes photographiées sont des jeunes contribuant au festival Nos futurs. Ils n’ont pas de lien avec ce texte. Ici Marco Beline, Victorya Mbinga et Adèle Raulet aux Champs libres, à Rennes, les 4 et 5 mars 2026. JEAN-MATTHIEU GAUTIER POUR « LE MONDE »
D’entrée, on rassure Noémie, étudiante de 21 ans. Notre entretien respectera son anonymat, comme promis à toutes les témoins citées dans cet article. Pourtant, elle ne s’apprête à dévoiler aucun secret d’Etat. Elle va nous parler de… son nez. Depuis son adolescence, Noémie le trouve « disproportionné, gros, grand, avec une bosse ». Un pif de sorcière, à écouter cette grande blonde. Elle souffle : « La plupart des gens ne comprennent pas pourquoi j’ai ce complexe. »
Le nez est sans doute la partie du corps la plus scrutée. De Cléopâtre à Cyrano de Bergerac, difficile de rater cet attribut central du visage. S’il préoccupe autant, c’est aussi parce qu’on peine à composer avec son reflet. « Quand on se regarde dans le miroir, on se voit en deux dimensions. Or, dans la vie, il y a aussi l’espace et le mouvement. On ne perçoit pas la réalité de ce que l’on est et de ce que l’on dégage », explique le psychiatre Jean-Christophe Seznec, auteur de J’arrête de lutter avec mon corps (Presses universitaires de France, 2011).
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