Les faitsL’abstention devrait être forte pour le scrutin prévu samedi 25 avril. Dans beaucoup de localités, les électeurs n’auront qu’une seule liste à prendre, celle de l’Autorité palestinienne qui tient à garder son pouvoir, très réduit par la présence israélienne.
Fayez Amro est un homme d’affaires prospère qui a fait fortune dans l’import-export. A 48 ans, il a décidé de se présenter pour les élections municipales à Hébron, une des plus grandes villes de Cisjordanie occupée, avec 280 000 habitants. Il a formé une première liste indépendante en début d’année. Mais plusieurs de ses membres lui ont rapidement dit qu’ils préféraient renoncer face aux pressions subies. Il a monté une deuxième liste. Mêmes menaces, mêmes démissions. Puis une troisième liste, qu’il a déposée au dernier moment, après avoir fait courir le bruit qu’il renonçait, afin d’éviter les fuites. « C’est l’Autorité palestinienne (AP) qui a tout fait pour nous empêcher de nous présenter », affirme Fayez Amro.
L’anecdote est révélatrice du contexte difficile dans lequel se déroulent les scrutins municipaux, prévus samedi 25 avril à Hébron et dans toute la Cisjordanie. Un million d’électeurs sont appelés à désigner leurs conseils municipaux dans près de 200 communes du territoire occupé par Israël depuis cinquante-neuf ans, soumis à une répression nettement plus forte depuis le 7 octobre 2023. Le scrutin n’aura pas lieu à Gaza, sous contrôle du Hamas et partiellement occupée par l’armée israélienne après avoir subi une guerre d’anéantissement, sauf dans une seule commune, Deir Al-Balah, où 70 000 électeurs sont appelés aux urnes.
Le candidat aux élections municipales et homme d’affaires, Fayez Amro, à Hébron, Cisjordanie, le 24 avril 2026. JONAS OPPERSKALSKI POUR « LE MONDE »
Des soldats israéliens dans un quartier résidentiel de la vieille ville, à Hébron, Cisjordanie, le 24 avril 2026. JONAS OPPERSKALSKI POUR « LE MONDE »
Le taux de participation risque d’être faible à l’échelle de la Cisjordanie. L’occupation militaire et les violences commises quotidiennement par les colons juifs rendent le vote difficile, sinon dangereux. Les déplacements dans le territoire sont également très compliqués. Jeudi 23 avril, le bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a annoncé avoir documenté, fin 2025, 925 checkpoints, barrières ou barrages qui empêchent ou limitent la circulation de 3,4 millions de Palestiniens, y compris dans Jérusalem-Est. « Ce chiffre est supérieur de 43 % à la moyenne annuelle de 647 obstacles à la circulation, enregistrée au cours des 20 années précédentes », pointent les Nations unies. Quelque 120 barrages ont été ajoutés en 2025, signale l’organisme.
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