A Téhéran, le 16 avril 2026. AFP

La coupure d’Internet en Iran, en vigueur depuis le début des frappes israélo-américaines, le 28 février, ne semble plus relever d’une mesure temporaire. Tout indique qu’une nouvelle architecture est en train de se mettre en place, dans laquelle l’accès à l’Internet mondial n’est plus considéré comme un droit pour tout le monde, mais comme un privilège accordé par le pouvoir à certains.

Désormais, cet accès dépend de la proximité avec le régime et, dans certains cas, il est réservé à des groupes spécifiques, parfois après obtention d’autorisations individuelles délivrées par les autorités. Ce basculement marque le passage d’une censure de type traditionnel à une architecture discriminatoire, stratifiée et hiérarchisée.

Depuis le début de la guerre, à l’exception de responsables politiques, de certains journalistes et de personnalités proches du pouvoir disposant de ce qu’on appelle en Iran une « carte SIM blanche » permettant un accès sans entrave à l’Internet mondial, la grande majorité des Iraniens est privée de connexion au monde extérieur. Une minorité parvient encore à contourner ces restrictions grâce à des VPN. Ces Virtual Private Network (« réseau privé virtuel ») utilisés pour contourner les blocages en se connectant par l’intermédiaire d’autres pays sont achetés sur le marché noir, à des prix élevés et avec le risque d’une surveillance accrue ; il y a aussi les paraboles Starlink, interdites en Iran et passibles d’accusations d’espionnage.

Il vous reste 75.16% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.