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ANALYSE - Ces dernières années, la société française est passée d’un camouflage soigneux des zones d’ombre de la parentalité à leur exposition au grand jour. Dans son livre La Maternité joyeuse, Audrey Jougla regrette même une forme d’irrespect à l’égard des enfants.
« Les gens qui ont des enfants se plaignent et deviennent bêtes. » Tel était en 2022 le titre d’un article du Figaro sur les no kids, ces gens qui certifient ne pas vouloir d’enfant - 5% de notre peuple. Le titre était tiré de la citation provocatrice d’un certain Jay qui confiait trouver la vie difficile et les enfants plus encore. D’ailleurs, disait-il constater, les parents « n’ont jamais d’argent, ils sont tout le temps épuisés, ils n’ont jamais le temps de faire quoi que ce soit ». Qu’ils finissent leurs doléances par « “mais j’aime mes enfants, hein” » ne suffisait pas à convaincre cet homme d’en avoir. À l’époque de cet article, Jay assistait comme nous tous à une levée des inhibitions autour de la parentalité. Une « libération de la parole » selon la formule médiatique. En 2020, la sociologue Illana Weizman lançait le mouvement #monpostpartum, une vague de témoignages sur la pénibilité parfois aiguë des mois suivant une naissance. En 24 heures, 10.000 contributions…