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ANALYSE - Reconnaissant le droit légitime des États à contrôler leurs frontières, le pape américain replace la question des migrants à sa source. Pragmatique, il appelle les pays du Sud à la justice sociale et à la démocratie avec l’aide des pays du Nord.
La question de l’immigration a été l’un des marqueurs du pontificat de François (2013-2025). Léon XIV vient de rompre publiquement avec la vision de son prédécesseur. Lors de la conférence de presse donnée, jeudi soir, dans l’avion qui le ramenait d’Afrique vers Rome, le nouveau pape a reconnu que les États avaient le droit légitime de contrôler leurs frontières, comme il l’avait déjà dit. Il appelle surtout les pays riches à aider les pays pauvres pour que leurs populations puissent vivre dignement là où elles ont grandi. Mais il encourage, avec une forte exigence, les pays du Sud à prendre leurs responsabilités comme il n’a cessé de le dire en Afrique, en s’attaquant notamment à la « corruption » d’État qui ne profite qu’à une minorité, laissant souvent le peuple dans la misère. Enfin, le pape américain a confirmé la nécessité du respect humain dû aux migrants, quelle que soit leur situation. Il répondait là à une question posée par une journaliste espagnole qui l’interrogeait sur…