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DÉCRYPTAGE - Afin de revitaliser son industrie de l’armement, Berlin compte s’appuyer sur les compétences de sa filière automobile, en difficulté, en lui offrant de nouveaux débouchés.

Il y a un an, l’Europe était stupéfiée par le « bazooka budgétaire », dégainé par le chancelier Friedrich Merz pour que l’Allemagne retrouve une place de leader européen de la défense. Son prédécesseur, Olaf Scholz, avait déjà créé, dès 2022, un fonds spécial de 100 milliards d’euros pour moderniser la Bundeswehr, l’armée allemande, notoirement sous-équipée.

Le changement de paradigme, lié au choc provoqué par l’agression russe contre l’Ukraine, est spectaculaire, après trente ans de sous-investissement. Le chancelier Merz a également fait voter, en mars 2025, une réforme du « frein à l’endettement », inscrit depuis 2009 dans la Constitution allemande. Désormais, les dépenses de défense, au-delà de 1 % du PIB, ne sont plus comptabilisées dans le déficit public, et le recours à la dette est possible. Tout est mis en œuvre pour que la Bundeswehr devienne « la première armée conventionnelle d’Europe ».

Contrairement à la France, contrainte par l’état dégradé de ses finances publiques…