Des militaires ukrainiens pilotent des drones terrestres et aériens, près de Kostiantynivka (Ukraine), le 10 septembre 2025. AP

Olivier Schmitt est professeur à l’Institut des opérations militaires de l’Académie de défense du Danemark, il porte ses travaux sur la sécurité européenne et les opérations militaires contemporaines. Il publie Préparer la guerre. Stratégie, innovation et puissance militaire à l’époque contemporaine (PUF, 2024).

Que contient d’innovations technologiques la guerre enclenchée le 28 février 2026 entre les Etats-Unis et Israël contre l’Iran ? Un seuil qualitatif a-t-il été franchi ?

Ce n’est pas une technologie unique qui fait la différence, mais l’intégration de plusieurs d’entre elles dans une architecture opérationnelle cohérente. Côté américano-israélien, le seuil franchi est précisément celui-là. Près de 900 frappes en douze heures supposent une planification assistée par intelligence artificielle (IA), une intégration en temps réel de données satellitaires et le déploiement massif de drones autonomes à bas coût pour saturer les défenses aériennes iraniennes et ouvrir des fenêtres de frappe aux plateformes plus sophistiquées. C’est l’efficacité de la combinaison (IA pour le ciblage, drones, frappes de précision, renseignement spatial) qui constitue la nouveauté. Pour la première fois, on observe à cette échelle ce que les stratèges appellent la « précision de masse ».

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