Pris à partie, le député MoDem a répliqué en appelant le rapporteur à faire preuve d’un «minimum de politesse républicaine», l’exhortant à avoir la «décence de rester» lors de ses interventions.

Lorsqu’elle n’est pas le théâtre d’échanges houleux, elle est empoisonnée par de vieilles rancunes. Ce mardi 7 avril, en pleine audition des représentants d’Arte France et de TV5 Monde à l’Assemblée nationale, Charles Alloncle, député UDR et rapporteur de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, a prévenu qu’il quitterait la salle «à chaque fois» que son collègue Erwan Balanant, élu MoDem du Finistère, prendrait la parole.

«D’ici à la fin de cette commission, je quitterai la salle à chaque fois que M. Balanant interviendra», a déclaré Charles Alloncle, l’air grave, soulignant qu’il ne supporterait pas l’affront d’assister aux prises de paroles de celui qui l’a «menacé» lors d’une précédente séance. Fin février, en effet, Erwan Balanant avait lancé au député ciottiste «T’inquiète, on va te régler» avant de quitter le Palais Bourbon, visiblement excédé par ses questions. Sur le réseau social X, Erwan Balanant a par la suite affirmé vouloir dire qu’il ferait des propositions en vue du rapport final, et a présenté ses excuses. Une séquence que Charles Alloncle avait toutefois jugée «inacceptable», exigeant que «des sanctions» soient prises face à «ces comportements de voyous».

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«Politesse républicaine»

Après avoir déploré ce mardi que la présidence de l’Assemblée nationale ne s’y soit pour l’heure pas résolue, Charles Alloncle a martelé en séance que «tant que M. Balanant continuera à me narguer et à siéger dans cette commission d’enquête, effectivement, je me lèverai et je quitterai la salle dès qu’il prendra la parole». Face à quoi Erwan Balanant s’est aussitôt défendu: «Ce n’est pas vous que je menaçais, a assuré le député, c’était l’idée que nous aussi nous allions répondre idée par idée à votre rapport, et c’était, oui, régler le sort de votre rapport». Avant de réclamer un «minimum de politesse républicaine» au rapporteur, qu’il a exhorté à avoir la «décence de rester» lors de ses prises de paroles.

L’incident vient ajouter un épisode de plus à la chronique chaotique de cette commission, dont les travaux ont débuté fin novembre 2025 et qui achève cette semaine ses auditions, avant un rapport qui risque de diviser encore. Pour fermer le bal, la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte Cunci devra répondre pour la seconde fois mercredi aux questions des députés, principalement celles du rapporteur Charles Alloncle. Le député UDR de l’Hérault a concentré les critiques pour ses méthodes «inquisitoriales», mais s’est taillé un franc succès auprès des pourfendeurs de l’audiovisuel public.