Le blocus du détroit d’Ormuz, conséquence directe du conflit armé en Iran, ne bouleverse pas seulement les marchés pétroliers, il menace désormais l’approvisionnement mondial en dioxyde de carbone industriel, avec des répercussions concrètes sur l’industrie de la bière au Royaume-Uni.
Le 13 avril, l’armée américaine a franchi un nouveau palier en instaurant un blocus total de tout le trafic maritime en provenance ou à destination des ports iraniens, après l’échec des négociations de paix tenues au Pakistan. Face à cette situation, le Premier ministre britannique Keir Starmer a reconnu la complexité de la crise et a annoncé que son gouvernement préparait des mesures d’adaptation dans l’hypothèse où le détroit resterait bloqué cet été, selon des informations du Times.
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«Environ 33 % des engrais mondiaux, y compris le soufre et l’ammoniac, transitent par le détroit d’Ormuz», selon le cabinet d’analyse Kpler. Or, ce gaz est essentiel à la création du dioxyde de carbone alimentaire. Il est généré lors de la production d’ammoniac pour être ensuite capturé et purifié pour un usage alimentaire. Il est principalement utilisé pour carbonater les boissons, conserver les produits frais et protéger les aliments de l’oxydation.
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«Pour l’instant, les gens devraient continuer à profiter de leur bière»
Les brasseries britanniques figurent parmi les premiers secteurs touchés. Le Royaume-Uni est l’un des plus grands consommateurs de bière d’Europe, avec 75 litres par habitant et par an, selon les données de Team France Export. Or le dioxyde de carbone joue un rôle central dans la production et le service de la bière : une bouteille de 2 kg de CO 2 permet de servir jusqu’à 600 litres de bière, en maintenant la pression, la carbonatation et en prévenant l’oxydation.
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