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DÉCRYPTAGE - Après l’explosion, un panache contaminé a survolé l’Europe avant de déverser des pluies radioactives dans l’est du pays. Quatre décennies plus tard, la radioactivité originaure de Tchernobyl a reculé partout mais n’a pas totalement disparu des sols et des denrées forestières.

Le 26 avril 1986, le réacteur no 4 de la centrale de Tchernobyl explose en pleine nuit. L’Europe connaît, sans le savoir, sa première catastrophe nucléaire majeure. Il faudra plusieurs jours pour que l’information parvienne en France. Le panache radioactif qui s’échappe de la centrale est poussé par des vents d’est en direction de l’Europe de l’Ouest, et notamment les pays scandinaves, qui sont les premiers à donner l’alerte, le 28 avril. Il transporte l’équivalent de 12 milliards de becquerels, soit 30 000 fois l’ensemble des rejets radioactifs émis par les installations nucléaires en exploitation dans le monde en 1986. C’est 10 fois plus que les retombées radioactives de la bombe de Hiroshima. Si chaque kilomètre parcouru diminue sa dangerosité (notamment parce que le nuage se dilue), il contient encore des quantités importantes d’une quinzaine de radionucléides lorsqu’il atteint la France, dans la nuit du 30 avril au 1er mai 1986. Si le débat est parfois vif, et que l’on retrouve encore…