Nicolas Sarkozy arrive au Palais de justice de Paris, dans le cadre de son procès dans l’affaire libyenne, le 8 avril 2026. STEPHANE DE SAKUTIN/AFP
Il a l’air si sympathique, Wahib Nacer. Le Franco-Djiboutien de 81 ans est courtois, souriant, a le port altier, l’élégance d’un prince de la lointaine Arabie et la barbe aussi bien taillée que ses costumes. De surcroît, il est modeste et se présente comme un aimable « employé de banque », lui qui était le pilier de la banque privée du Crédit agricole suisse, personnellement chargé de la fortune de la famille royale d’Arabie saoudite, de celle de la famille Bugshan – autour de 9 milliards de dollars (7,6 milliards d’euros), personne ne sait trop, pas même ses membres – et de 1 milliard d’euros de fonds libyens.
M. Nacer, pour son malheur, est au cœur du procès en appel sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007. Certes, de manière assez indirecte : il a été entendu dans l’affaire de Karachi, la vente d’armement à Riyad, en 1994, qui a permis de dégager d’énormes commissions, en partie pour la campagne d’Edouard Balladur ; il s’est signalé lors du contrat Miksa, toujours avec l’Arabie saoudite, pour lequel il a rencontré Claude Guéant, alors directeur du cabinet du ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, qui rêvait de signer cet accord de fourniture de matériel de sécurité. Et le voilà englué dans l’affaire libyenne.
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