La présidente de la cour des comptes, Amélie de Montchalin, à Paris, le 13 mars 2026. CHRISTOPHE PETIT TESSON / AP

La nomination d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes continue de susciter des remous. Le Conseil d’Etat examinait, vendredi 17 avril, un recours contre le décret pris par Emmanuel Macron le 11 février nommant l’ancienne ministre de l’action et des comptes au poste de première présidente de l’institution de la rue Cambon. Le recours en question avait été déposé par Paul Cassia, professeur de droit public à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, par l’association Anticor et par Jacques Rigaudiat, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes.

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Dans le viseur des requérants : le pouvoir discrétionnaire dont dispose le chef de l’Etat pour les nominations à la tête de la Rue Cambon et « l’absence d’intervention d’une autorité indépendante de l’exécutif » avant ces nominations. Un « fait du prince anachronique », critiquent-ils, dont découlerait selon eux une « méconnaissance » du principe d’impartialité et d’indépendance des juridictions et une atteinte à la séparation des pouvoirs.

« Nommer une ministre en exercice, qui plus est du budget, à la tête de la Cour, crée par lui-même un doute sur l’impartialité structurelle de l’institution », développent-ils dans leur recours, en pointant « la cristallisation immédiate et irrémédiable des conflits d’intérêts qu’une telle nomination induit ». Autant de critiques qui rejoignent celles émises par les oppositions, pour qui Amélie de Montchalin risquait de devenir « juge et partie » sur les sujets budgétaires après son transfert direct depuis Bercy.

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