JULIE JUP
Je suis astrophysicienne et depuis janvier, je suis en postdoc à l’université Northwestern de Chicago (Illinois) : je gagne 5 000 dollars net mensuels, soit environ 4 300 euros. Je suis spécialiste de l’astérosismologie, l’étude du « chant des étoiles », autrement dit, j’explore les ondes qui traversent ces corps célestes.
L’astrophysique, c’est venu sur le tard, plus jeune, je n’en avais aucune image. D’ailleurs, la première fois que j’ai regardé dans un télescope, c’était il y a quelques années, pendant ma thèse. J’ai grandi avec mes deux frères cadets à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), puis à Gif-sur-Yvette (Essonne). Notre père est prof de maths en collège, notre mère prof de physique-chimie en BTS. Pour moi, c’était exceptionnel d’avoir des parents profs, parce que du côté paternel, par exemple, ma grand-mère, algérienne, ne sait ni lire ni écrire. Jusqu’à ce que j’intègre l’Ecole des mines, où certains camarades avaient des PDG parmi leurs parents ou le reste de leur famille – j’ai alors senti un décalage.
A la maison, on regardait l’émission « C’est pas sorcier », mais il n’y avait pas une culture scientifique particulièrement forte. Par contre, pour mes parents, c’était important de faire des sciences pour ne pas se fermer de portes. J’étais très forte à l’école, un peu dans toutes les matières, je n’aimais pas spécialement les sciences, ce que j’adorais c’étaient les langues et les arts. Au collège et au lycée, je ne savais pas du tout ce que je voulais faire plus tard. J’ai fait une école d’ingénieurs après une prépa scientifique. Je ne réalise toujours pas d’avoir réussi à intégrer une école aussi prestigieuse.
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