Une image de l’un des premiers clips diffusés par l’institut d’Etat iranien Revayat-e Fath associe le président des Etats-Unis, Donald Trump, et le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, au diable, reprenant au passage un stéréotype antisémite. REVAYAT-E FATH/YOUTUBE

Depuis la mi-mars, l’actualité des jouets de construction se situe moins au Danemark qu’en Iran : grâce à une maîtrise impressionnante des outils d’intelligence artificielle (IA) générative, les propagandistes de Téhéran et leurs relais ont envahi les réseaux sociaux grâce à des vidéos animées de personnages inspirés par Lego, le fabricant de jouets scandinave. Redoutablement attrayantes, elles tournent en dérision le président des Etats-Unis, Donald Trump, qui y est dépeint tantôt vêtu d’un smoking recouvert de crottes, tantôt à quatre pattes, tenu en laisse par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.

Il en apparaît au moins une nouvelle chaque jour depuis le début du conflit, le 28 février. Elles contribuent à donner une visibilité spectaculaire à la propagande de la République islamique dans le monde. Au cours de la seconde quinzaine de mars, les vidéos prorégime ont cumulé plus de 145 millions de vues sur les réseaux sociaux X, Facebook, Instagram et TikTok, selon un rapport de la société de cybersécurité israélienne Cyabra.

La suspension de la page YouTube de l’un des principaux comptes se cachant derrière ces vidéos n’a pas suffi à enrayer leur diffusion. Dans un conflit marqué par le recours massif à l’usage de l’IA et à la culture populaire, de plus en plus d’observateurs estiment que l’Iran est en train de remporter la guerre de l’information.

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