RécitEn parallèle d’une riche carrière pour de grands magazines de mode et de décoration, l’un des photographes les plus connus de sa génération n’a cessé d’immortaliser les personnes, les lieux, les objets qui ont jalonné une vie pleine de rencontres et de voyages. Une centaine de ces clichés, que le Français a précieusement conservés et répertoriés, sont l’objet de l’exposition « Ne rien jeter, 33 ans après », au centre d’art Gallifet, à Aix-en-Provence.
C’est une toute petite Vénus de pierre sur un socle qui, de la main, protège son intimité. Elle s’appelle Vénus pudique. Le geste semble réel et résonne avec l’image d’une autre antiquité, Fragment de sarcophage. Tout semble vivant pourtant et le temps est léger dans « Ne rien jeter, 33 ans après », la rétrospective que le centre d’art Gallifet, sublime hôtel particulier du XVIIIe siècle au centre d’Aix-en-Provence, consacre au photographe François Halard.
De rétrospective, pourtant, il n’était pas question dans l’esprit de l’artiste de 64 ans quand Stéphane Ibars, le commissaire de l’exposition, directeur artistique du musée d’art contemporain Collection Lambert en Avignon, a sonné à la porte de sa maison d’Arles. C’est là que le photographe conserve, dans des boîtes, l’intégralité de ses photos depuis la première, réalisée à 16 ans avec un appareil offert par ses parents, de grands antiquaires. Ce fut comme une première prise de parole alors qu’il souffrait de graves problèmes de dyslexie et d’élocution. Depuis, donc, il n’a pas cessé.
Jusqu’aux années 2000, il était sous contrat avec le groupe américain Condé Nast, vestige d’une époque où la presse était richissime. Pour les prestigieux Vogue, Vanity Fair, House & Garden, il a photographié la mode, les plus belles maisons, des jardins somptueux. En parallèle, comme un contre-poison, il n’a pas cessé de dialoguer avec les gens, les lieux et les objets. Il a rencontré les artistes qui peuplent son imaginaire, est entré dans leurs ateliers, a parcouru le monde.
« De plus en plus abstrait »
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