« Clémentine Samba Mushidi, Kasaji, province du Lualaba » (2018), de Sammy Baloji. SAMMY BALOJI/IMANE FARÈS
« Relire la complexité du monde par des chemins de traverse » : telle est la promesse des 57es Rencontres de la photographie, énoncée par leurs directeurs Christoph Wiesner et Aurélie de Lanlay lors de la présentation de leur programmation, ce 2 avril. « Alors que se multiplient les tentatives de réduction et de simplification des récits, Arles veut accueillir la complexité et la multiplication des récits. Non pas adoucir la violence du réel, mais en accueillir la profondeur », ont-ils résumé. Le festival, qui en 2025 a reçu 175 000 visiteurs, un record, et se tiendra cette année du 6 juillet au 4 octobre, s’ouvre toujours un peu plus sur la planète. Sous le titre « Des mondes à relire », il met particulièrement à l’honneur l’Afrique et la Méditerranée.
Collage conçu vers 1967 pour le film « Mister Freedom » (1968), de William Klein.
Les « classiques » n’en sont pas pour autant oubliés, mais revisités : l’Américain William Klein (1926-2022), qui aurait eu 100 ans cette année, est exposé sous la forme d’installations photographiques à la chapelle du Museon Arlaten, avec son regard critique sur la société de consommation. Le Belge Harry Gruyaert, de l’agence Magnum, dévoilera lui ses périples en terres colorées, de Zanzibar à Tokyo. Concernant les monographies, s’ajoutent deux belles promesses de redécouverte : Martine Barrat, avec ses images du quartier parisien de la Goutte-d’Or et du New York des années 1970, et Ming Smith, photographe afro-américaine proche de Roy DeCarava dans les années 1970. Revisitée, également, la collection photo de la Fnac, sur laquelle l’écrivaine Nathacha Appanah pose son regard avec l’exposition « Nos rêves lointains ».
Il vous reste 58.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.