Passer de quatre usines différentes, à une seule, qui fabrique tout au même endroit. C’est le pari lancé par la toute jeune société Game in France, qui a démarré sa production en ce mois d’avril, en banlieue de Nancy (Meurthe-et-Moselle), à Houdemont. « Jusqu’à maintenant, il n’existait pas d’atelier de production en France capable de fabriquer un jeu de société de A à Z, tout en étant compétitif », détaille Hugues Baechel, le directeur général de la société Made in France.
La genèse de ce projet remonte à l’après Covid. « Une étude de la préfecture voulait connaître les plus gros exportateurs du département. Il s’agissait de deux éditeurs de jeux, Iello et Blue Orange. L’administration a été surprise que le business soit si florissant. Mais ces éditeurs fabriquaient leurs jeux en Chine et en Pologne, un modèle ayant ses limites, en coût, en délai et en approvisionnement. Il leur manquait donc la fabrication », explique Hugues Baechel.
« Le marché est en croissance depuis des décennies »
Porté par plusieurs actionnaires, dont des éditeurs de jeux, Game in France s’est donné l’objectif de se rapprocher des tarifs de fabrication des pays de l’Est. « Nous avions une condition : que les prix ne soient pas plus chers de 10 % », ajoute le directeur général. Pour ce faire, l’usine mise sur la standardisation. « Nous ne produisons que quatre formats de boîte, et cinq formats de carte, ce qui nous permet d’avoir des économies d’échelle. Nous remplissons la boîte avec les cartes, les notices, et nous allons jusqu’à l’emballage plastique final. Pour nos clients, nos points forts, c’est la réactivité et la souplesse », poursuit Hugues Baechel.
Le site compte actuellement une petite dizaine d’employés, dont la plupart ont travaillé chez France Cartes, le dernier fabricant de jeux de cartes français, qui était aussi situé dans l’agglomération de Nancy mais qui a délocalisé sa production en 2023.
« Le marché est en croissance depuis des décennies. Et le Covid a révélé une certaine accélération. Les gens ont besoin de se désintoxiquer des écrans. Être autour d’une table avec des copains, ça libère le cerveau », argumente le directeur général. Les derniers calages de ce nouvel outil industriel dans un ancien bâtiment du journal « L’Est Républicain » sont en cours, avant l’inauguration ce lundi 27 avril. Sur un investissement total de 5,5 millions d’euros, le projet a reçu une subvention de 980 000 euros de l’État dans le cadre du plan « France 2030 ».
Dozito, est l’un des premiers jeux sortis de la ligne de production, pour une commande finale de 10 000 exemplaires. « Sur ce produit, l’éditeur Double Combo nous a clairement fait confiance, et cela fait plaisir », réagit Hugues Baechel. « Les éditeurs font très attention à leur impact RSE, notamment en direction des distributeurs. À la Fnac notamment, on voit des corners spécialisés et dédiés au Made In France, c’est devenu un argument de vente », analyse le directeur général.