On s’est longtemps moqué des audacieux capables de vendre de la glace aux Esquimaux. Ces intrépides se font aujourd’hui doubler par une nouvelle catégorie : ceux qui se piquent de donner des cours de théologie au pape.

C’est arrivé près de chez nous

Aux Etats-Unis, ces dernières semaines, plusieurs figures politiques et médiatiques ont décidé de prendre à partie le pape Léon XIV pour lui expliquer calmement comment fonctionne la doctrine catholique. Le président des Etats-Unis, tout d’abord, qui, après avoir fait fortune dans les casinos et cultivé une longue amitié avec Jeffrey Epstein, se sent désormais en position de ramener le pape dans le droit chemin quand il s’égare.

Lire aussi l’éditorial | La voix bienvenue du pape Léon XIV Lire plus tard

Son vice-président ensuite, J. D. Vance, qui a remis en question la compréhension que le souverain pontife aurait de la théorie de la « guerre juste » de saint Augustin. Converti au catholicisme en 2019, il a appelé le pape à être prudent en parlant de théologie. Après une maîtrise en théologie à l’Union théologique catholique en 1982, une licence en droit canonique à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin de Rome en 1984, et un doctorat en droit canonique à la même université en 1987, Sa Sainteté, qui a par ailleurs passé douze ans à la tête de l’ordre de Saint-Augustin, n’est pas à l’abri de raconter n’importe quoi.

Enfin, sur Fox News, l’animateur super trumpiste Sean Hannity, fort de sa scolarité dans une école catholique et quelques restes de latin, s’est dit « qualifié » pour adresser un « message au Vatican » assorti de conseils à Léon XIV. Ce premier pape américain n’aura jamais été autant épaulé de bonnes volontés.

On aurait dû s’en douter

Cela commençait à devenir un peu encombré à la droite du Saint-Père, depuis que Donald Trump affirme avoir été « sauvé par Dieu pour rendre sa grandeur à l’Amérique » (Make America Great Again), et que sa conseillère spirituelle, la pasteur Paula White, l’avait présenté, à Pâques, comme un quasi-messie : « Comme [le Christ], vous avez été trahi, arrêté et accusé à tort. » Rien d’étonnant, dès lors, que le président Trump ait fini par croire qu’il avait l’oreille du Très-Haut plus encore que l’autre Américain célèbre.

Il vous reste 54.89% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.