Dans un bureau de vote lors des élections municipales dans la ville d’Al-Bireh, en Cisjordanie, le 25 avril 2026. ZAIN JAAFAR/AFP

Les Palestiniens de Cisjordanie et d’autres de la bande de Gaza votent, samedi 25 avril, pour désigner leurs maires et conseillers municipaux, premières élections depuis le début de la guerre dans l’enclave palestinienne, en octobre 2023, sur fond de désillusions et de choix politiques limités.

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Près de 1,5 million de personnes sont inscrites sur les listes électorales en Cisjordanie occupée, et 70 000 dans la zone de Deir Al-Balah, les deux régions concernées, selon la commission électorale centrale, sise à Ramallah.

Des images de l’Agence France-Presse (AFP) prises dans la matinée à Al-Bireh, en Cisjordanie, et à Deir Al-Balah montrent des électeurs arrivant au compte-gouttes dans les bureaux de vote. A 13 heures (12 heures à Paris), la participation s’établissait à 24,53 %, selon la commission électorale.

« J’appelle tous les électeurs à se rendre aux urnes et à voter, compte tenu de l’importance de ce scrutin pour notre peuple palestinien », a déclaré le chef de la commission, Rami Hamdallah, lors d’une conférence de presse.

« Elections symboliques »

Dans la bande de Gaza, ravagée par plus de deux ans de guerre et où la population, massivement déplacée, reste en proie aux pénuries en tout genre, « ces élections sont symboliques, mais je les vois comme l’expression de notre volonté de vivre », affirme à l’AFP Mohammed Al-Hasayna, 24 ans. « Nous méritons d’avoir notre propre Etat, ajoute-t-il après avoir voté à Deir Al-Balah. Nous voulons que le monde nous aide à surmonter la catastrophe de la guerre. »

En Cisjordanie, également en proie à une flambée de violences, Khalid Eid, 55 ans, a voté à Al-Bireh, dans l’espoir d’un renouvellement. « Nous ne pouvons pas changer la situation, mais nous espérons (…) des gens qui seront peut-être meilleurs », dit-il à l’AFP.

Les conseils municipaux gèrent des services essentiels comme l’eau, l’assainissement et les infrastructures locales, sans pouvoir législatif. Faute d’élections présidentielles et législatives depuis 2006, ils restent l’une des rares institutions démocratiques fonctionnelles sous l’Autorité palestinienne. Celle-ci fait face à des accusations de corruption, et les bailleurs de fonds conditionnent de plus en plus leur soutien à des réformes visibles, notamment au niveau de la gouvernance locale.

Pour le coordonnateur spécial adjoint de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Ramiz Alakbarov, le scrutin est « une occasion importante pour les Palestiniens d’exercer leurs droits démocratiques, à un moment particulièrement difficile ». L’Union européenne a salué une « étape importante vers une démocratisation plus large et un renforcement de la gouvernance locale ».

Premières élections depuis le début de la guerre

La plupart des listes sont alignées avec le Fatah, le parti nationaliste du président Mahmoud Abbas, au pouvoir depuis 2005, ou sans étiquette. Aucune ne se réclame du Hamas, le rival islamiste du Fatah, qui contrôle près de la moitié de la bande de Gaza.

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Certains aspirants candidats ont affirmé n’avoir pas pu se présenter, dont Mohammad Dweikat, à Naplouse. Il a assuré à l’AFP que des personnes sur sa liste avaient été retenues en détention jusqu’à la fin de la période d’inscription.

Les bureaux de vote fermeront à 19 heures (18 heures à Paris) en Cisjordanie, et à 17 heures (16 heures) à Deir Al-Balah, pour permettre un dépouillement à la lumière du jour, faute d’électricité. A Naplouse, où une seule liste est en lice, une femme devrait être élue à la tête de la mairie pour la première fois.

La Cisjordanie a connu des élections municipales en 2017 et en 2021-2022. Mais dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas depuis 2007, il s’agit des premières depuis les législatives de 2006 remportées par le mouvement islamiste.