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ENQUÊTE - Pris en étau entre des prix d’achat qu’ils ne maîtrisent pas et une concurrence des grandes surfaces, les pompistes indépendants accumulent les vulnérabilités. Le modèle sous pression résistera-t-il ?

Jean-Yves Yerles ne sait plus quoi faire de son carburant. Ce gérant d’un garage qui porte son nom à Mur-de-Barrez, petit village au nord de l’Aveyron, a rechargé ses cuves d’essence le 7 avril, au pic de la flambée des prix liée à la guerre au Moyen-Orient. Quelques jours plus tard, les prix ont commencé leur baisse, et lui s’est retrouvé à vendre beaucoup trop cher. Son gazole s’affiche aujourd’hui à 2,49 euros le litre, 25 centimes de plus que la moyenne nationale.

En temps normal ses 30.000 litres de cuve se vendent en une dizaine de jours. Cette fois, après deux semaines, il lui en reste encore 14.000. «Les prix baissent, je ne sais pas ce que je vais faire car je n’ai pas le droit de vendre à perte», se désole-t-il auprès du