La comédienne de 37 ans a pris la parole samedi sur France 5 après la condamnation en appel de son agresseur sexuel, le réalisateur Christophe Ruggia. "Je ressens du soulagement", a-t-elle notamment affirmé.

"C'est la fin d'un parcours judiciaire qui a été long et éprouvant, donc je ressens du soulagement". La comédienne Adèle Haenel, césarisée à deux reprises, s'est exprimée ce samedi 25 avril sur le plateau de C dans l'air sur France 5 pour la première fois depuis la condamnation du réalisateur Christophe Ruggia.

Ce dernier a été condamné à cinq ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique, par la cour d'appel de Paris pour agressions sexuelles aggravées sur Adèle Haenel entre ses 12 et ses 15 ans.

"C'est un chapitre qui se ferme, c'est bien d'avoir les termes posés dans les termes de la justice", ajoute-t-elle. "Le parcours judiciaire, c'est aussi un travail, beaucoup de temps passé à examiner le dossier, à préparer les auditions, tout ce temps désormais, je vais le consacrer à autre chose."

Affaire Adèle Haenel: le réalisateur Christophe Ruggia condamné pour agressions sexuelles sur mineure 19:31

Adèle Haenel ferme la porte à un retour au cinéma

Adèle Haenel dit vouloir œuvrer pour qu'il "n'y ait plus d'injustice", que "toutes les vies soient vivables". "Je me sens chanceuse d'avoir eu le droit à la justice mais ce sentiment de se sentir chanceux ne témoigne-t-il pas d'une profonde injustice?", questionne l'actrice de 37 ans. "Comment se fait-il que la justice, la manifestation de la liberté soit réservée à certains?"

Sur le plateau de France 5, la comédienne du Portrait de la jeune fille en feu ou de En liberté!, est clair: elle n'est pas venue pour parler du "passé", ni de "son enfance massacrée" mais "pour parler du présent", et surtout, de son combat "au côté du droit".

"Aujourd'hui, je me bats au côté du droit pour défendre le droit face à un monde qui est en train de glisser dans le fascisme", lance-t-elle, critiquant un "état de droit piétiné que ce soit nationalement ou internationalement". "La déshumanisation normalisée, c'est contre ça, aujourd'hui que l'on se bat", abonde-t-elle. Adèle Haenel explique militer pour un monde "dans lequel toutes les enfances sont possibles et vivables, à l'abri des violences, des bombes et des viols".

La comédienne ne semble pas encline à rouvrir les portes au cinéma, "un monde qui normalise la cruauté, le racisme, le sexisme dans la production d'images". "C'est une industrie qui construit des imaginaires qui ne nous aident pas aujourd'hui à sortir de la crise dans laquelle nous sommes, une crise d'humanité", estime-t-elle. Si elle affirme ne pas "critiquer le médium cinéma", elle dit pour le moment préférer continuer la voie du théâtre.