Tout était prêt. Depuis plusieurs jours les autorités pakistanaises s’affairaient en coulisses pour accueillir un deuxième tour de négociations entre l’Iran et les États-Unis à Islamabad. Le rendez-vous était finalement acté pour ce samedi, mais tout a capoté dans les dernières heures.

Après une première session de pourparlers décevants il y a deux semaines, le Pakistan espérait pouvoir relancer le dialogue au point mort entre les deux puissances ennemies. Car hormis le cessez-le-feu fragile, en vigueur depuis le 8 avril et prolongé de manière unilatérale par Donald Trump cette semaine, aucune avancée en vue d’un accord de paix n’est à relever.

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Ce vendredi, une délégation iranienne, menée par le ministre des Affaires étrangères et homme fort du régime Abbas Araghchi, est arrivée à Islamabad. Dans le même temps, le président américain avait annoncé que ses émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner débarqueraient dans la capitale pakistanaise ce samedi.

Problème, dès vendredi soir, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien Esmaïl Baghaï a déclaré sur X qu’« aucune rencontre n’(était) prévue entre l’Iran et les États-Unis ». Suite à cela, Abbas Araghchi est reparti dès ce samedi après-midi du Pakistan, sans attendre ses homologues étasuniens.

Dans la foulée, Donald Trump a indiqué que ses représentants ne se rendraient finalement pas à Islamabad. « J’ai dit à mes collaborateurs il y a peu, alors qu’ils s’apprêtaient à partir : Non, vous n’allez pas faire un vol de 18 heures pour vous rendre là-bas », a-t-il glissé à une journaliste de la chaîne conservatrice Fox News. Tout en assurant : « Les Iraniens peuvent nous appeler s’ils le veulent (…) quand ils veulent. (…) Nous pouvons tout aussi bien nous débrouiller par téléphone. »

Aucune source d’entente

Au cours de ses quelques heures passées à Islamabad, Abbas Araghchi s’est tout de même entretenu avec le Premier ministre pakistanais et l’influent commandant de l’armée Asim Munir. Selon son ministère, le chef de la diplomatie iranienne a exposé à ses interlocuteurs « les positions de principe » de son pays s’agissant de « la fin complète de la guerre imposée à l’Iran ».

Téhéran a expliqué avoir de sérieux doutes concernant la fiabilité américaine. Abbas Araghchi a déclaré sur X ne pas savoir si les États-Unis étaient « réellement sérieux » en matière de diplomatie.

L’Iran campe toujours sur ses positions concernant notamment le détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la Révolution ont affirmé que leur priorité était de garder la mainmise sur la voie maritime stratégique. « Contrôler le détroit d’Ormuz et maintenir l’effet dissuasif qui en découle sur l’Amérique et les soutiens de la Maison-Blanche dans la région est la stratégie définitive de la République islamique d’Iran », ont-ils écrit dans un communiqué diffusé sur leur chaîne Telegram officielle.

Washington n’entend pas non plus lâcher du lest vis-à-vis de la République islamique. Donald Trump a dit tout et son contraire sur le « deal » qu’il voulait conclure avec Téhéran, assurant la semaine dernière que l’Iran avait « presque tout accepté » de ses revendications, avant de signaler mardi que les autorités iraniennes n’avaient pas encore soumis de proposition.