En s’imposant très nettement à Geoffroy-Guichard (0-3), les Troyens ont assuré leur retour en Ligue 1 la saison prochaine.
Grâce à son succès à Saint-Étienne (3-0) samedi, Troyes a validé son retour en Ligue 1 à deux journées de la fin, bouclant une opération remontée longue de trois ans durant laquelle le club est allé très haut... tout ayant frôlé le National. Spécialiste de l’ascenseur, l’Estac a réussi cinq fois le grand saut de la L2 à la L1 depuis 2012. Mais cette montée est la plus inattendue : repêchés de justesse alors qu’ils étaient relégués sportivement en troisième division en mai 2024, à la suite de la chute des Girondins de Bordeaux, les Aubois étaient encore derniers une partie de la saison dernière avant de finir dixièmes.
«On veut faire mieux que ce qu’on a fait la saison dernière», s’avançait prudemment le président troyen Edwin Pindi en septembre, interrogé concernant les ambitions du club. De fait, la montée en Ligue 1 n’était alors pas érigée en objectif, ni par les dirigeants, ni par les joueurs. Cette ambition est en fait née au fil des matchs, l’équipe de Stéphane Dumont voyant bien qu’elle était supérieure à bon nombre de ses adversaires. L’entraîneur troyen, arrivé dans l’Aube en août 2024, a réussi un travail admirable, instaurant un projet de jeu ambitieux et une solidarité à toute épreuve.
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Illustration : l’Estac a reçu quatre cartons rouges (tous directs, dont trois en première période) cette saison mais cela ne l’a jamais fait perdre (trois victoires et un nul). «Il y a une solidarité dans cette équipe qui n’est pas commune», souligne le capitaine Adrien Monfray. «On sait être solide, on sait piquer fort quand il faut. On est sûr de nos forces.» Cette confiance n’a même pas été altérée par les nombreuses blessures au fil de la saison : Nicolas Lemaître, Paolo Gozzi, Yvann Titi, Alexandre Phliponeau, Merwan Ifnaoui, Tawfik Bentayeb...
La série de trois défaites, à cheval sur janvier et février, n’a pas non plus semé de doute, aucun des concurrents à la montée ne parvenant à revenir à hauteur des Troyens. Si le collectif est l’atout majeur de l’Estac, il s’appuie sur des performances individuelles comme celles de Martin Adeline et du Troyen de naissance Mathys Detourbet, qui ont éclos ces derniers mois. Le recrutement estival du directeur Antoine Sibierski s’est vite révélé réussi avec Antoine Mille, Merwan Ifnaoui ou encore le gardien Hillel Konaté, auteurs d’une saison pleine. Sans parler de Tawfik Bentayeb, arrivé à Troyes en toute fin de mercato, et actuel meilleur buteur de Ligue 2 avec 18 réalisations.
L’attaquant marocain est prêté par l’US Touarga sans option d’achat. Son avenir fait partie des grandes questions qui se posent à l’Estac, maintenant que l’accession est validée. La plus importante concerne Antoine Sibierski, qui serait sur le départ. S’il venait à partir, le nom de son successeur en dirait beaucoup sur la stratégie sportive en Ligue 1 du club, propriété du City Football Group, également à la tête de Manchester City. Alors qu’à Troyes, il subsiste toujours des doutes quant au réel projet du groupe émirati, l’intersaison qui se profile se doit d’être convaincante pour que l’engouement autour de cette équipe perdure.