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ANALYSE - Contrairement à ce que l’on pense, cette phrase n’a jamais été prononcée. Mais alors, que s’est-il vraiment passé en France dans les jours qui ont suivi la catastrophe pour que l’idée d’avoir été trompés soit encore aujourd’hui si puissamment ancrée dans les esprits ?

« Le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière. » Cette phrase fait partie de l’imaginaire collectif de tous les Français. Et pourtant, personne ne l’a jamais prononcée en 1986. À vrai dire, les autorités françaises n’ont pas menti à l’époque. Mais alors, que s’est-il vraiment passé en France dans les jours qui ont suivi la catastrophe pour que l’idée d’avoir été trompés soit encore aujourd’hui si puissamment ancrée dans les esprits ?

Tout commence par un mensonge des autorités soviétiques. Ces dernières cachent pendant plusieurs jours l’explosion du cœur du réacteur n° 4 survenue la nuit du 26 avril 1986 dans la centrale nucléaire de Tchernobyl, à moins d’une centaine de kilomètres au nord de Kiev. L’alerte est donnée en Occident par la Suède, après la détection de niveaux anormaux de radioactivité à proximité de la centrale nucléaire de Forsmark le 28 avril. La direction des vents ce jour-là fait immédiatement suspecter aux experts un accident nucléaire en Union soviétique…