Le député et président du parti Debout !, François Ruffin, a lancé sa campagne pour la présidentielle ce samedi. Il s'est notamment placé en défenseur des "travailleurs essentiels", évoquant plusieurs propositions et notamment l'augmentation du SMIC à 1.700 euros nets mensuels.

François Ruffin a lancé, ce samedi 25 avril à Lyon, sa campagne pour la présidentielle de 2027 en défenseur des "travailleurs essentiels" qu'il a promis, s'il est élu, de protéger en taxant davantage leurs employeurs les plus fortunés dans un État où le "dividende est roi".

Dans un premier "entretien d'embauche" pour l'Élysée, scénarisé face à quatre de ces ouvriers ou chômeurs, le député qui a rompu avec LFI a aussi pourfendu le Rassemblement national et son président Jordan Bardella, qui "prétendent défendre les ouvriers" mais s'allient avec "le Medef" et vont chercher de l'argent "dans les banques russes ou chez les fonds d'investissement américains".

Mais, devant quelque 2.000 sympathisants à ce meeting, le député de la Somme et président du parti Debout ! n'a pas eu un seul mot pour la primaire à gauche hors LFI à laquelle il s'est engagé de prendre part, ne précisant pas s'il maintiendra sa candidature si elle n'a pas lieu.

Distribution d'un "Cahier de campagne"

Citant les métiers "à forte pénibilité" mais très peu rémunérés -aide-soignantes, aides femmes de ménage, AESH, enseignants, ouvriers de l'industrie, des transports, jeunes en intérim ou CDD-, il a fustigé, en égratignant Emmanuel Macron, une France où "règnent les privilèges", notamment "fiscaux pour les milliardaires qui payent moins d'impôts que leurs secrétaires".

Sans l'évoquer dans son discours, il a fait distribuer un "Cahier de campagne" intitulé "Travailleuses et travailleurs essentiels", ceux qui, "en première et deuxième lignes ont tenu le pays debout" durant la crise du Covid sans amélioration de leurs "reconnaissance et rémunération".

Dans un chapitre intitulé "Nos propositions", il s'engage notamment à une "désmicardisation et une revalorisation" des bas salaires, une stricte indexation sur l'inflation, une rémunération double des horaires "atypiques" (avant 8 heures et après 18 heures), la garantie d'une retraite anticipée "pour compenser la pénibilité", ou encore la "fin de l'usage abusif de l'intérim".

"Je serai un président au SMIC"

Sous les vivats, François Ruffin a aussi promis d'augmenter le SMIC à 1.700 euros nets mensuels et, "en urgence dès notre arrivée au pouvoir", le versement par les employeurs d'"une prime obligatoire de 1.000 euros sans cotisation ni fiscalité" pour les salariés les plus modestes.

Fustigeant les grands groupes "comme LVMH" qui "arrivent à recevoir plus d'aides publiques" que les petits entrepreneurs "tout en payant moins d'impôts qu'eux", il a promis de "rétablir" la proportionnalité des efforts notamment en convoquant, s'il est élu, des "états-généraux de la fiscalité et de la protection sociale".

"Je suis un député au SMIC, je serai un président au SMIC aussi", a aussi lancé François Ruffin. Il a toujours assuré reverser à ses associations ou oeuvres la part de son indemnité de parlementaire dépassant le salaire minimum.