Neuf sculptures créées à partir de fossiles préhistoriques sont au cœur de l’exposition Relics, ouvert au public à partir du 17 avril, dans la capitale des Pays-Bas.
Harnaché d'une fine bride métallique, un crâne de tricératops vieux d'environ 67 millions d'années tourne sur lui-même, suspendu au-dessus d'une sculpture hyperréaliste de coraux, dans la salle de l'exposition Relics au musée Art Zoo d'Amsterdam.
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Neuf œuvres d'art créées à partir de fossiles préhistoriques par le duo d'artistes Jaap Sinke et Ferry van Tongeren sont au cœur de cette exposition qui sera dévoilée au public vendredi 17 avril, et qui vise à révéler la beauté de restes malheureusement réservés aux galeries à vocation pédagogique des musées scientifiques. « Nous avons simplement ressenti le besoin de mettre (les fossiles) en valeur sous une forme monumentale, pour leur donner plus de prestance, plus de valeur », explique à l'AFP l'artiste Ferry van Tongeren.
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L'exposition comprend notamment les ossements d'un basilosaurus, grand cétacé d'entre 30 et 40 millions d'années qui, plutôt que d'être assemblés en un squelette réaliste, ont été réarrangés en une sculpture qui aurait parfaitement sa place aux catacombes de Paris plutôt que dans un musée d'histoire naturelle. « Bien sûr, ces musées comportent un aspect scientifique et un aspect éducatif », concède Ferry van Tongeren, 59 ans. « Mais selon moi, il leur manque un aspect captivant. Et c'est là le point de départ de tout ce que nous faisons », poursuit l'artiste.
Une exposition à la croisée des arts et des sciences
Cette exposition inédite, à l'intersection entre les arts et les sciences est le fruit d'un travail en partenariat avec Zoic, entreprise italienne de paléontologie spécialisée dans le traitement et la reconstitution de grands squelettes de dinosaures. « Pour en arriver à ce que cette collection soit exposée, une combinaison extraordinaire de connaissances et de processus variés est requise », explique à l'AFP Iacopo Briano, conservateur de l'exposition et expert en paléontologie chez Zoic.
Après la découverte de fossiles sous forme d'ossements éparpillés, ces derniers ont dû dans un premier temps être déterrés par des spécialistes, puis reconstitués « comme un puzzle » par d'autres experts, explique Iacopo Briano. Ce n'est qu'après ces étapes aussi délicates que chronophages que les ossements ont terminées entre les mains du duo d'artistes.
Au total, 10 ans ont été nécessaires à la préparation de l'exposition qui, selon Iacopo Briano, peut se résumer à une recherche de « respect et d'admiration » pour ces fossiles devenus œuvres. « Il est nécessaire de revenir à une approche plus instinctive, plus émotionnelle, face à ces merveilleuses créations, qu'elles proviennent du monde de l'art ou de la nature », conclut-il.