REPORTAGE - Des chercheurs de l’institut ukrainien de radiologie agricole soutiennent que 20 000 hectares pourraient être rouverts à l’agriculture autour de la zone d’exclusion. De manière informelle parfois, certains fermiers ou sociétés y cultivent déjà des terres, affirmant que leurs produits sont sans danger.
Juchés sur leurs troncs longilignes, les pins défilent de part et d’autre de la route. Derrière, Kiev. Devant, à trente kilomètres, la Biélorussie. Entre les deux, Tchernobyl, sa centrale abandonnée au cœur d’une zone d’exclusion figée depuis quarante ans. Au checkpoint - que seuls les employés, militaires et journalistes sont autorisés à franchir depuis le début de l’invasion russe en Ukraine en 2022 - il faut tourner à droite pour rejoindre le village de Dityatky. C’est là que vit Vadim Minsyuk, à la lisière de la zone radioactive. Les épaules carrées, un sourire qui fend son visage d’une oreille à l’autre, le paysan sort d’un immense hangar. Originaire du Donbass, il s’est installé ici après avoir fui son village lorsque les milices prorusses en ont pris le contrôle en 2015.
Vadym, ingénieur et vétéran de l’invasion russe à grande échelle, se tient près de la clôture de la zone d’exclusion de Tchernobyl, à côté de ses noyers. Albert Lores pour Le Figaro
Vadim désigne d’une main noire de cambouis la forêt luxuriante de la zone d’exclusion, séparée de son champ par des barbelés. « Nous sommes sur une ancienne terre de kolkhoz. Tout ce que vous voyez, c’était des champs…