Nous sommes le samedi 25 avril lorsqu’un engin explosif artisanal est actionné sur l’autoroute panaméricaine, au niveau du secteur d’El Túnel, dans la municipalité de Cajibío, département du Cauca, dans l’ouest de la Colombie. Le bilan provisoire, d’abord arrêté à sept morts, n’a cessé de s’alourdir dans les heures suivantes pour atteindre 14 victimes et 38 blessés, dont cinq mineurs.
L’attentat, l’un des plus meurtriers de ces dernières années dans le pays, a été attribué par le président Gustavo Petro aux dissidents des ex-Farc. Il survient à un peu plus d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle.
Le gouverneur du Cauca, Octavio Guzmán, a publié sur X une vidéo montrant des victimes gisant au sol et plusieurs véhicules soufflés par l’explosion, qu’il a qualifiée d’« attaque indiscriminée contre la population civile ».
Le président met des noms sur les coupables
Sur X, le président colombien Gustavo Petro n’a pas tardé à réagir, avec virulence. Il a désigné nommément les responsables : les fronts du commandant connu sous le pseudonyme Iván Mordisco, chef de la principale dissidence des Farc — les Forces armées révolutionnaires de Colombie — qui avaient refusé de signer l’accord de paix de 2016.
¿Qué es terrorismo? Es producir miedo masivo en la población a través de la violencia.
El miedo es el instrumento del fascismo para acceder al poder y del narco para controlar la población.
Los que atentaron y mataron a siete civiles e hirieron a 17 civiles más en Cajibío,… — Gustavo Petro (@petrogustavo) April 25, 2026
Il a également cité un certain « alias Marlon », présenté comme « pleinement identifié par le renseignement policier et militaire ». « Ceux qui ont attenté et tué des civils à Cajibío sont des terroristes, des fascistes et des narco-trafiquants », a-t-il écrit, avant d’annoncer vouloir saisir la Cour pénale internationale pour dénoncer « nommément leurs chefs ». Le ministre de la Défense, Pedro Sánchez, a, de son côté, annoncé un renforcement de la présence militaire et policière dans la zone.
Une région sous haute tension
Ce drame n’est pas un événement isolé. Le Cauca est depuis des années l’une des régions les plus marquées par la violence des groupes armés en Colombie, entre guérillas dissidentes, narcotrafic et trafic d’or illicite. La veille de l’attentat, un assaut contre une base militaire à Cali avait déjà coûté la vie à un soldat. Selon les autorités, au moins une vingtaine d’incidents ont été recensés dans la province dans les deux jours précédant l’explosion de Cajibío.
Ce regain de violence s’inscrit dans un contexte politique tendu : le premier tour de l’élection présidentielle est fixé au 31 mai, et la sécurité s’impose comme l’un des thèmes centraux du scrutin. Les groupes armés, dont les négociations de paix avec le gouvernement Petro ont échoué, semblent vouloir peser sur ce moment charnière.