Cette fois, l’adversaire était d’un tout autre calibre. Le résultat, au bout du compte, s’est révélé à peu près le même. Les Bleues se sont imposées face à l’Irlande samedi à Clermont-Ferrand, en décrochant le bonus offensif (26-7). Comme elles l’avaient fait en ouverture du Tournoi des Six Nations il y a deux semaines à Grenoble devant l’Italie (40-7), et au pays de Galles le week-end dernier (7-38). Des matchs aux scénarios globalement identiques. Des difficultés en première mi-temps, puis un cavalier seul après l’heure de jeu. Et une défense héroïque, traduite par un seul essai encaissé à chaque fois.
« Cela peut se ressembler au niveau comptable mais c’était assez différent tout de même contre l’Irlande, car cette équipe était beaucoup plus forte que les précédentes, a réagi le sélectionneur François Ratier. C’était un vrai test-match, le quatrième (du classement mondial, la France) contre le cinquième (l’Irlande). C’était une vraie bataille. » Une tempête même à laquelle ont été soumises ses joueuses. Les Irlandaises, revanchardes après leur élimination le 14 septembre dernier par ces mêmes Tricolores en quart de finale de la Coupe du monde (18-13) alors qu’elles tenaient la partie en mains, leur ont infligé une leçon de rugby durant près de cinquante minutes. Une leçon de jeu. Pas de réalisme. Les Bleues, acharnées en défense, ont résisté, finissant par dégoûter leurs adversaires et par prendre l’ascendant, physiquement, au fil de la seconde période.
« On savait que ça allait être dur, il nous reste beaucoup de boulot, mais ça fait du bien de gagner », a confié Mathilde Lazarko, talonneuse de ce XV de France qui plie sans jamais rompre. « On savait que ça allait taper fort, a renchéri la capitaine Manae Feleu. On l’a senti sur les impacts. On a répondu présent. » Aucune d’elles ne cherche à se projeter. Pas plus que leur sélectionneur, qui a pris la succession du duo Gaëlle Mignot – David Ortiz après le Mondial, l’automne dernier, et qui pose ses jalons les uns après les autres.
«Ils (ses prédécesseurs) ont fait du bon boulot, l’équipe avait déjà une bonne assise défensive, souligne François Ratier. Quand on a une bonne défense, une bonne conquête, on peut voyager. Maintenant, c’est à nous de mettre encore plus de vitesse, de puissance dans notre attaque, de flair, d’intelligence. Mais cela ne se fait pas en trois matchs. Aujourd’hui on cherche l’équilibre et on va le trouver. »
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Car l’objectif est de faire mieux que le mandat précédent qui s’est soldé par un échec. Les Bleues ont été éliminées en demi-finale de la Coupe du monde le 20 septembre dernier par l’Angleterre (35-17), une 17e défaite de suite contre le XV de la Rose qu’elles n’ont plus battu depuis 2018. Des Anglaises qu’elles retrouveront le 17 mai prochain à Bordeaux pour une nouvelle finale du Tournoi des Six Nations. Le voyage en Ecosse, huit jours plus tôt, s’apparentant davantage à une répétition des gammes tant l’écart semble abyssal avec les joueuses du Chardon, avant-dernières du classement et balayées chez elles par l’Angleterre il y a une semaine (7-84).