Dans un entretien au JDD consacré à l’économie, le président du Rassemblement national estime que sa doctrine en la matière peut se résumer en trois points : «la liberté d’entreprendre, la souveraineté stratégique de la France et, par-dessus tout, la défense du travail qui paie».

Le Rassemblement national en pleine opération séduction auprès des patrons et des milieux économiques. Après un déjeuner inédit avec le Medef lundi, qui a fait couler beaucoup d’encre, le président du RN Jordan Bardella termine la semaine avec une grande interview dans Le Journal du Dimanche, consacrée à sa stratégie économique pour la France, à un an de l’élection présidentielle. Il y aborde, en longueur, les grandes lignes de son programme en matière de travail, d’entreprise ou de logement.

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«Je trouve profondément injuste d’entendre certains affirmer que le RN n’aurait pas de programme économique», regrette l’eurodéputé de 30 ans. Soucieux de renforcer sa crédibilité sur le plan économique, longtemps un talon d’Achille du RN, et de soigner son image pro-business, Jordan Bardella estime dans le JDD que sa doctrine en la matière peut se résumer en trois points : «la liberté d’entreprendre, la souveraineté stratégique de la France et, par-dessus tout, la défense du travail qui paie».

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Sur ce dernier point, le patron du RN affirme que «le rapprochement entre le (salaire) brut et le net » sera au cœur du projet présidentiel du parti nationaliste. «Aujourd’hui, l’effort repose sur une trop petite minorité de Français», estime-t-il également, s’en prenant à la gauche, «qui a érigé le droit à la paresse en quasi-vertu, considérant souvent l’entreprise comme une entité suspecte».

«Nous remettrons l’Europe de Bruxelles à sa place»

Quant à la liberté d’entreprendre affichée par le RN, Jordan Bardella insiste sur son projet de «simplification». Il rappelle avoir envoyé, en début de semaine, une lettre «à l’ensemble des filières et des organisations professionnelles pour les rencontrer et recueillir la liste des “impôts papier”, ces normes qui freinent aujourd’hui la compétitivité du pays». «Notre objectif est d’établir un vaste projet d’ordonnances de simplification qui pourront être prises dès notre arrivée au pouvoir», explique-t-il.

«Notre ambition est simple : permettre aux entreprises de créer, d’innover, d’investir et d’embaucher, en les libérant d’un carcan fiscal et normatif devenu insupportable», expose-t-il. Enfin, lorsque l’ancien bras droit de Marine Le Pen parle de «souveraineté stratégique», il s’agit de souveraineté nationale, le dirigeant du RN souhaitant dénoncer certaines réglementations européennes - malgré les obstacles juridiques.

«Si les Français nous font confiance, nous remettrons l’Europe de Bruxelles à sa place», lance-t-il. À titre d’exemples, il promet d’alléger «les effets néfastes de certaines surtranspositions» de directives européennes et de retrouver «un prix national de l’électricité qui, en abaissant les factures, redonnera à la France un véritable avantage compétitif», et ce donc, en sortant du marché européen de l’électricité. «L’Union européenne organise aujourd’hui la décroissance de nos économies et l’impuissance collective dans un monde instable», tacle-t-il.

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Les aides sociales «réservées aux familles françaises»

Sur l’épineux sujet des retraites, en revanche, Jordan Bardella se montre plus flou. «Il est évident que le système actuel n’est ni viable ni soutenable», pose le patron du RN, estimant «illusoire de penser que le recul de l’âge légal, comme le proposent Les Républicains et les macronistes, résoudra l’équation». Mais il ne s’avance pas sur l’âge légal de départ qu’il souhaite instaurer. Il se contente de dire vouloir «permettre à ceux qui exercent des métiers pénibles de partir plus tôt, tout en responsabilisant mieux ceux qui ont commencé à travailler plus tardivement».

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S’agissant du modèle social de la France, Jordan Bardella reste dans la lignée du programme historique du RN, prônant ce que le parti appelle la «priorité nationale». «Demain, avec nous, les aides sociales non contributives seront réservées aux familles françaises », jure-t-il. Le natif de Drancy, en Seine-Saint-Denis, souhaite également mettre l’accent sur le logement. Il estime que «défendre le droit à la propriété comme permettre aux Français de devenir un jour propriétaires est, à mes yeux, une grande cause sociale».