Allez, on tient les paris. Il y aura un avant et après « Recalé » dans la carrière d’Alexandre Kominek, comédien et humoriste suisse de 36 ans qui crève l’écran dans cette comédie policière potache et joyeusement régressive. Jolie performance : la nouvelle série comique signée François Uzan (réalisateur de « On sourit pour la photo » avec Jacques Gamblin, de « Loups-garous » avec Franck Dubosc, co-créateur de la série « En place » avec Jean-Pascal Zadi) truste depuis ce week-end la première place du classement de Netflix en France, devant de sérieux clients comme « Unchosen » ou « Bandi ».
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Et, soyons honnête, ce n’est pas grâce à la qualité du scénario - parfaitement invraisemblable et se vautrant régulièrement dans certains clichés faciles sur l’Education nationale - que cette fiction solaire, aux dialogues osés et percutants, fonctionne. Mais bien à la qualité de l’interprétation des acteurs, Kominek en tête. Le trentenaire livre un véritable one-man-show dans ce rôle d’Eddy, escroc belle gueule contraint par la police d’infiltrer un lycée pour échapper à la case prison et mettre la main sur un gros bonnet de la drogue.
Dans la lignée de « Jacques Tati, Jean Dujardin, Gad Elmaleh »
Tout est « trop » dans cette comédie policière qui propulse un arnaqueur dans la peau d’un prof de maths vacataire en charge d’une enquête abracadabrante. Mais ce côté « too much », s’il prive la comédie d’une histoire solide, permet aux acteurs de se faire plaisir en poussant les curseurs à fond les ballons.
Alexandre Kominek aux côtés de Laurence Arné. Fanta Kaba/Netflix
Aux côtés du Suisse, Laurence Arné (« La Famille Hennedricks ») est très drôle en flic qui voit son obsession pour son job grignoter sa vie privée. Mention spéciale aussi à certains seconds rôles savoureux, de Sabrina Ouazani, hilarante en prof « facho », à Joséphine de Meaux, impayable en CPE « nounou ».
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Mais en montrant l’étendue de sa palette de comédien - drôlerie, charme, loufoquerie, accents, poussée d’intensité, pas de danse, déguisements... - Alexandre Kominek confirme tout le bien qu’on puisse de lui depuis longtemps. Une future star de l’humour sur petit (et grand ?) écran est née. Même le très sérieux « Wall Street Journal » est séduit par une prestation dans la lignée de « Jacques Tati, Jean Dujardin, Gad Elmaleh »...
Bientôt en prime time sur Canal+
Ça fait des années que l’on suit, sur les planches, cet énergumène attachant à l’humour déjanté et débridé. Avant qu’il ne gagne des points de popularité en se faisant une place au micro de France Inter, cet « helvète underground » en passe de devenir « mainstream » peaufinait son sens de l’humour trash mais maîtrisé dans de petites salles. « Bâtard sensible », le premier spectacle de celui qui est, à la ville, le compagnon de Florence Foresti ? Assurément le one-man-show le plus zinzin de la décennie.
Un show sans retenue mais toujours tenu, lourdingue et attendrissant à la fois, d’une liberté jouissive. L’humoriste y repousse les limites du politiquement correct avec brio qu’il parle de sexe, de drogue ou... d’iguane. Ce qui lui a ouvert ces derniers mois les portes des plus belles institutions comme l’Olympia. Séance de rattrapage le 13 mai, jour de la diffusion de ce spectacle hors normes (à déconseiller à un public trop jeune) en prime time sur Canal+.