Olivier Gantois a écarté tout risque de pénurie à court terme. «Jusqu’à fin mai, on sait qu’on aura à la fois le pétrole brut et les produits finis pétroliers d’importation pour approvisionner tous les consommateurs français», a déclaré le patron de l’organisation du secteur.
Quand les prix des carburants reviendront-ils à la normale ? C’est la question qui taraude les automobilistes depuis des semaines, alors que le gazole coûte aujourd’hui 60 centimes de plus qu’avant le début du conflit au Moyen-Orient, et l’essence plus de 30 centimes. «Les prix se sont un peu calmés récemment. (...) Mais on reste dans des prix très élevés. Ma prédiction, c’est que tant que le détroit d’Ormuz sera bloqué, on restera dans des prix extrêmement élevés», a souligné Olivier Gantois, le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), sur Franceinfo samedi.
La semaine dernière, selon les données hebdomadaires du ministère de la Transition écologique, le prix du litre de gazole a baissé en moyenne de 7 centimes d’euro dans les stations-service françaises, et coûtait ainsi 2,2441 euros. Quant à l’essence sans plomb 95-E10, elle a baissé de 1,2 centime, à 1,9777 euro le litre. Ce léger reflux s’explique par la fragile accalmie des cours du pétrole la semaine dernière - le baril de Brent a baissé de 8 dollars -, en raison d’une petite baisse des tensions entre l’Iran et les États-Unis.
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L’autre préoccupation des automobilistes concerne le risque de pénurie de carburant. Une crainte alimentée par le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, qui a estimé vendredi que si le blocage du détroit d’Ormuz perdurait «encore deux ou trois mois», la France entrerait «dans une ère de pénurie énergétique» . «Je crois pouvoir vous dire à ce stade que la situation est contrôlée» et qu’«aujourd’hui, la situation ne nous fait envisager aucune pénurie», a tenté de rassurer Emmanuel Macron samedi.
Pas de pénurie dans les trois à quatre semaines à venir au moins
Olivier Gantois s’est voulu plus prudent. «Nous avons une visibilité sur les trois à quatre semaines à venir. Jusqu’à fin mai, on sait qu’on aura à la fois le pétrole brut et les produits finis pétroliers d’importation pour approvisionner tous les consommateurs français», a déclaré le président du lobby des pétroliers sur Franceinfo. Quid au-delà du mois de mai ? Le dirigeant de l’Ufip est resté flou. Soulignant que le monde manque de «7 millions de barils par jour», il a estimé que les «degrés de flexibilité» auxquels les pays ont recours actuellement «vont disparaître» à un moment, «mais ce sera après le mois de mai».
Mais «il est tout à fait possible qu’on passe largement plus que les trois à quatre semaines à venir en mettant en œuvre des solutions d’approvisionnement qui contournent le problème d’Ormuz», a-t-il ajouté. Un risque de pénurie de carburant est donc écarté dans les prochaines semaines, selon Olivier Gantois, mais à la condition que les automobilistes ne créent pas eux-mêmes le manque. «La pénurie ne viendra à court terme que si les automobilistes paniquent et vont tous faire leur plein en même temps aux stations-service», a-t-il averti.
Interrogé par ailleurs sur les marges des distributeurs de carburant après la divulgation par Franceinfo d’un document gouvernemental pointant une hausse de ces marges depuis le début du conflit au Moyen-Orient, Olivier Gantois a tenu à recadrer les choses. «La note était la toute première ébauche d’analyse, qui comportait des erreurs. Le ministère (de l’Économie) en a convenu avec nous. Les marges de distribution étaient surestimées d’environ 5 centimes par litre. Cette analyse a été corrigée. On a eu une réunion jeudi (à Bercy, NDLR) durant laquelle ils ont convenu que les distributeurs avaient été raisonnables sur leurs marges», a-t-il relaté, soulignant que la marge nette des distributeurs oscille entre «1 à 2 centimes par litre».