Après la victoire du Slovène Tadej Pogacar sur le Liège-Bastogne-Liège 2026 devant Paul Seixas, découvrez ce qui a marqué la rédaction du Figaro lors de cette incroyable course.
TOPS
Paul Seixas, mental d’acier et nouvelles promesses
Il était annoncé comme le principal outsider derrière l’immense favori, Tadej Pogacar, triple vainqueur du quatrième Monument de la saison, le Liège-Bastogne-Liège. Non seulement il a assumé son nouveau statut, mais en plus, Paul Seixas a repoussé le Slovène dans ses retranchements. À 19 ans, le Français a une nouvelle fois montré qu’il est fait d’un autre bois. Après être resté gentiment dans la roue de son illustre adversaire pendant toute la première partie de la course, il est ensuite le seul à avoir tenu la cadence imposée par le quadruple vainqueur du Tour de France. Au col de la Redoute, premier moment fort de la journée, Tadej Pogacar a laissé tout le monde derrière lui... sauf Paul Seixas, qui a tenu, au courage et au mental. Si le jeune Français a finalement craqué dans la dernière ascension du jour, il s’est imposé comme le principal rival du vainqueur du jour. Il démontre, encore et toujours, qu’il faudra compter sur lui à l’avenir. Cela tombe bien, le Tour de France - auquel il n’a pas confirmé sa participation - approche à grand pas... Et si son histoire s’écrivait dès juillet ?
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L’imbattable Tadej Pogacar
Il est indiscutablement le meilleur cycliste au monde. Personne ne lui enlèvera cette vérité, pas même Wout Van Aert, qui a réussi à le battre sur le Paris-Roubaix, seul Monument manquant au palmarès stratosphérique du coureur slovène. Mais aujourd’hui, il a dû s’employer comme il ne l’avait pas fait depuis très longtemps, à tel point qu’il «se projetait sur un sprint» pour la victoire, comme il l’a lui-même reconnu après la course. Finalement, le coureur de 27 ans n’en a pas eu besoin, après avoir réussi à faire craquer Paul Seixas sur une accélération fulgurante sur la côte de Roche-aux-Faucons, alors que lui-même ne semblait ressentir aucune fatigue sur la ligne d’arrivée. Grâce à cette (nouvelle) victoire en solitaire, Tadej Pogacar est désormais quadruple vainqueur à Liège et possède 13 Monuments à son palmarès. Immense.
La course collective des Français
Il y en a évidemment un qui a accaparé (presque) toute l’attention des observateurs et des fans, mais il ne faut pas oublier les autres français qui ont participé à Liège-Bastogne-Liège cette année. Ils étaient 33 au départ et plusieurs, parmi eux, ont réalisé une très grande course. À commencer par Pavel Sivakov, coéquipier de Tadej Pogacar, qui a fait un travail immense pour laisser son leader à l’avant du peloton et l’envoyer sur orbite lors des ascensions décisives. De la même manière, Paul Seixas a également été bien aidé par plusieurs de ses coéquipiers, dont Léo Bisiaux, qui a fini à une belle 12e place. Sans oublier Romain Grégoire, de l’équipe Groupama-FDJ : un peu timide sur le sprint final, il a achevé la course à la 7e place, tout proche du podium.
FLOPS
Le podium d’Evenepoel : l’arbre qui cache la forêt
II a certes fini à la 3e place du podium, au sprint. Mais c’est le seul coup d’éclat de Remco Evenepoel sur ce Liège-Bastogne-Liège, tant le Belge est passé à côté de sa course. Placé en tête de course lors des premiers kilomètres après une étonnante cassure, il avait quatre minutes d’avance sur Tadej Pogacar et Paul Seixas. Mais après une très mauvaise gestion de course, il a finalement été rattrapé par ses deux principaux adversaires, à un peu moins de 100 km de l’arrivée. Par la suite, le double champion olympique à Paris a été incapable de se mêler à la lutte pour la gagne. Souvent au bord de la rupture, il a totalement explosé dès le début de l’ascension du col de la Redoute. Il a même semblé vouloir se relever définitivement, lui qui était à près de 2 minutes du duo de tête. S’il est allé au bout de la course, avec un podium à la clé, cette triste performance marque un coup d’arrêt pour le coureur de l’équipe Red Bull.
Le manque de coopération des équipes
Un fait de course très étonnant a eu lieu dès les premiers kilomètres, puisqu’un groupe d’une cinquantaine de coureurs a réussi à prendre une large avance sur le peloton. Cela est classique en cyclisme, à la différence près que le groupe de tête était composé de certains favoris, dont Remco Evenepoel, alors que l’équipe Décathlon n’était pas représentée et que l’équipe Emirates n’avait laissé qu’un seul coureur dans le groupe. Il y avait de quoi faire un joli coup pour un grand nombre de formations outsider. Mais un manque de coopération flagrant a ruiné toutes leurs chances de bien figurer aujourd’hui, puisqu’ils ont été rattrapés avant même le début des principales difficultés. Une stratégie manquée et peut-être des regrets pour plusieurs coureurs.