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RÉCIT - L’écrivain libéré il y a quelques mois des geôles algériennes a été reçu le 25 avril dernier à l'Académie royale de Belgique. Il s'élève contre l'entreprise de disqualification qu'il subit de la part d’une partie du monde médiatique et littéraire francophone.

« Il semble que ce fauteuil appelle les écrivains qui ont connu la fracture et qui ont cherché, par la lucidité et le courage, à la dépasser. » Sous la voûte en verre de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique en ce 25 avril, Boualem Sansal tresse les lauriers de l’écrivain français d’origine espagnole Michel del Castillo. Décédé en 2024, le second, qui avait connu comme le premier le funeste sort d’être incarcéré en Espagne pour ses idées, occupait jusqu’à sa mort, en 2024, le fauteuil numéro 37 de la prestigieuse institution belge. C’est désormais Boualem Sansal qui occupera sa place. « L’Académie célèbre la langue comme l’une des premières richesses de l’homme. Mais elle défend aussi et surtout la liberté de penser, et donc de choisir. (…) Michel del Castillo a écrit pour rester debout. Puissions-nous continuer, nous aussi, à écrire et à lire debout. C’est la seule posture digne pour l’homme », ponctue Boualem Sansal en l’honneur de son confrère