Le ministre des affaires étrangères taïwanais, Lin Chia-lung, à Taipei, Taïwan, le 20 novembre 2025. ANN WANG / REUTERS
Le ministre des affaires étrangères taïwanais, Lin Chia-lung, en visite en Eswatini, a dénoncé, dimanche 26 avril, des pressions de la Chine sur plusieurs Etats africains pour qu’ils révoquent les autorisations de survol de l’avion du président taïwanais, qui a dû en conséquence renoncer à un voyage dans ce petit pays enclavé d’Afrique australe.
Le président taïwanais, Lai Ching-te, a été contraint la semaine dernière de reporter un voyage officiel en Eswatini, seul allié diplomatique de Taipei en Afrique, après que les Seychelles, Maurice et Madagascar eurent révoqué leurs autorisations « de manière inattendue et sans préavis » à la suite de pression de Pékin, selon la présidence taïwanaise.
M. Lin, qui est arrivé samedi dans le royaume d’Eswatini, a assisté au 40e anniversaire de l’accession au trône du roi Mswati III en tant que représentant du président Lai. « Peu importe comment la Chine utilise son pouvoir politique pour s’ingérer dans les opérations de l’aviation civile internationale, politiser et instrumentaliser les informations de vol (…) Cela ne fera pas plier Taïwan », a écrit M. Lin sur Facebook. « Aucun blocus ou pression déraisonnable ne peut ébranler notre détermination et notre volonté de préserver notre dignité et nos liens avec la communauté internationale », a-t-il ajouté.
Les Etats-Unis ont condamné l’attitude de la Chine, la qualifiant de « campagne d’intimidation contre Taïwan et les partisans de Taïwan dans le monde ». Pékin a répliqué en affirmant que Washington avait formulé « des accusations sans fondement ». Washington ne reconnaît pas officiellement Taïwan mais demeure le principal soutien sécuritaire de l’île, bien que ce soutien ait baissé d’un cran sous la présidence de Donald Trump.
Le dernier voyage à l’étranger du président Lai Ching-te remonte à novembre 2024, lorsqu’il s’était rendu chez les alliés de Taïwan dans le Pacifique, transitant par le territoire américain de Guam.
La Chine considère Taïwan comme faisant partie de son territoire et s’oppose à sa participation aux organisations internationales et aux échanges avec des pays tiers. Elle n’exclut pas de recourir à la force pour en prendre le contrôle.
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