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GRAND ENTRETIEN - Les conflits en Iran et en Ukraine ont révélé deux facettes de l’attitude européenne face à la guerre : le refus et le déni, analyse l’historien*. Dans les secousses du monde, nous réapprenons, lentement et difficilement, que la paix ne dépend pas que de nous.
* Directeur d’études à l’EHESS et président du Centre international de recherche de l’Historial de la Grande Guerre, à Péronne, dans la Somme, Stéphane Audoin-Rouzeau est spécialiste de la Première Guerre mondiale et de l’anthropologie de la guerre. Il a récemment publié « Notre déni de guerre » (Seuil, coll. Libelle, 60 p., 5,90 €).
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LE FIGARO. - Depuis le début de l’attaque israélo-américaine en Iran, les Européens ont fait le choix de ne pas entrer en guerre. Comment analysez-vous cette attitude ? Est-ce une nouvelle illustration du « déni de guerre », qui caractérise l’Europe occidentale ?
STÉPHANE AUDOIN-ROUZEAU. - La situation actuelle reste extrêmement confuse, et cela ne facilite pas l’analyse. Pour autant, je ne parlerai pas de déni de guerre, ici, mais beaucoup plus simplement d’un refus de guerre de la part des Européens : à dire vrai, on ne voit pas comment les responsables politiques de nos différents pays auraient été en mesure de faire accepter à leurs…