LETTRE DU CAIRE

Le Caire, le 25 mars 2026. MOHAMED ABD EL GHANY/REUTERS

Nora Soliman et sa sœur ont hérité, de leur grand-père, d’un immeuble dans l’une des zones les plus chères du Caire. Le bloc donne, d’un côté, sur le Nil et, de l’autre, sur les jardins du Gezira, un club sportif huppé aménagé au XIXe siècle dans les anciens jardins botaniques du khédive Ismaïl. Sur les six appartements, deux sont habités par des locataires qui ont signé des baux selon une loi de 1996, qui permet aux bailleurs de fixer le prix et la durée des contrats. Ces locataires paient une somme de 3 000 dollars (2 550 euros) par mois.

Dans le même immeuble, pour la même surface, les loyers des deux derniers appartements sont, pour l’un, de 1 000 livres égyptiennes (LE) – soit 16 euros par mois – et pour l’autre de… 17 LE, soit un peu moins de 30 centimes d’euro. L’heureux locataire a hérité du bail de son grand-père, établi selon la règle dite des « anciens loyers », dont le montant ne peut être changé et qui peut être transmis aux générations suivantes. Il n’y vit même pas : résidant à Bahreïn, il bénéficie d’une loi qui garantit aux Egyptiens expatriés de pouvoir disposer d’un logement où pouvoir rentrer.

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