Un missile de croisière aéroporté AGM-86B non armé est largué depuis un bombardier B-52H Stratofortress au-dessus du polygone d’essais et d’entraînement de l’Utah lors d’une mission du programme d’évaluation des systèmes d’armes nucléaires, à 130 km à l’ouest de Salt Lake City, dans l’Utah, le 22 septembre 2014. US AIR FORCE/REUTERS
Lundi 27 avril, à New York, doit s’ouvrir, pour un mois, la 11e conférence d’examen du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Cette grand-messe de la diplomatie internationale n’a lieu qu’une fois tous les cinq ans. Les dernières éditions se sont souvent tenues dans une relative indifférence. Mais, face au retour désinhibé de la course aux arsenaux nucléaires, ce bilan d’étape du traité de 1970, dont sont signataires la quasi-intégralité des pays du monde, soit 191 Etats, a lieu dans un contexte singulier.
« Même si on essaie d’être positifs, cela risque d’être, comme souvent, une énorme bulle diplomatique. Une sorte de nuage qui flotte au-dessus des réalités stratégiques », prédit Benjamin Hautecouverture, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique. « Un risque d’implosion existe », ajoute-t-il.
Depuis son entrée en vigueur, le TNP a déjà traversé des périodes de tumultes. Notamment en 2003, quand la Corée du Nord s’en était retirée pour se lancer officiellement dans la construction de son arsenal nucléaire. En croissance rapide, celui-ci est désormais estimé à « quelques dizaines » d’ogives, selon les derniers chiffres communiqués, le 15 avril, par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). « Cela fait vingt-cinq ans que l’on dit que le TNP va mourir, il en a vu d’autres. En revanche, la question de son utilité se pose de plus en plus pour tous les pays qui le voient se déliter années après années », souligne M. Hautecouverture.
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