DécryptageNées dans la tech américaine, Preventive ou Origin Genomics entendent faire avancer la modification du génome d’embryons. Une technique très contestée, et largement interdite, qui fait craindre le retour d’une forme d’eugénisme.

« Si on en prouve la sûreté, nous croyons que l’édition préventive du génome pourrait être l’une des technologies de santé les plus importantes du siècle. » Lucas Harrington explique ainsi le but de son entreprise Preventive : créer des bébés génétiquement modifiés. Tenter d’intervenir sur le génome d’un adulte déjà malade « est difficile et ne permet généralement pas d’effacer les dommages existants », argumente l’entrepreneur trentenaire dans le texte annonçant, en octobre 2025, son projet. « Il est beaucoup plus facile de corriger un petit nombre de cellules avant la progression de la maladie, comme au stade de l’embryon », affirme-t-il, avant de dévoiler une levée de fonds de 30 millions de dollars (25,6 millions d’euros).

Installée à San Francisco, la jeune société est soutenue par de grands noms de la tech : parmi eux, le dirigeant de la plateforme de cryptomonnaies Coinbase, Brian Armstrong, investisseur à titre personnel. Et aussi Sam Altman, le cofondateur d’OpenAI, la maison mère de ChatGPT, via son mari Oliver Mulherin, qui a investi dans le projet. « Je me soucie de la recherche qui aide les gens à éviter des maladies. Sam me soutient, comme il soutient tout mon travail et la cause », a expliqué l’informaticien australien au Wall Street Journal.

Le cofondateur de Preventive, Matt Krisiloff, dirige aussi la start-up de biotech Conception, dont Sam Altman est l’un des investisseurs et a travaillé avec lui d’abord chez OpenAI puis dans l’incubateur Y Combinator. Lucas Harrington est, lui, un ex-doctorant et associé de Jennifer Doudna, colauréate en 2020 du prix Nobel de chimie pour l’outil d’édition du génome Crispr.

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