Après un appel à projets lancé en 2019 sur quatre églises désacralisées, la ville de Rouen (Seine-Maritime) a confié l’église Saint-Nicaise à la Brasserie Ragnar qui en deviendra le propriétaire définitif en mai prochain pour en faire « la plus grande église-brasserie du monde » : « On y trouvera alors, autour d’un arbre pétrifié, sous la forme d’une place de village, une unité de production de bière, un centre de formation en zythologie, un bar-comptoir, un restaurant grand public type bouillon à la normande et, à l’étage, à la place de l’orgue, un restaurant semi-gastronomique qui fusionnera la cuisine normande et celle de Scandinavie ainsi qu’une boutique-musée », annonçait, en 2023, le gérant, Pierre-Marie Soulat. Trois ans plus tard, face à l’impossibilité de le conserver dans le cadre de la reconversion commerciale du bâtiment, le démontage de l’orgue a commencé le lundi 13 avril.

Une cession gratuite pour « préserver l’héritage musical rouennais »

Conçu entre 1940 et 1957 par Louis Eugène-Rochesson dans le style néoclassique, c’est l’un des trois plus vastes instruments de Rouen, avec ceux de l’Abbatiale Saint-Ouen et de la Cathédrale Notre-Dame. Après une expertise de Thomas Monnet, technicien-conseil pour les orgues protégés, le chantier de démontage a été confié à une entreprise reconnue à l’international, Gerhard Grenzing - Orgues Denis Lacorre EI.

Classés Monument historique en 2021, les 46 jeux répartis sur trois claviers vont ainsi, en accord avec les Directions régionales des affaires culturelles (Drac) de Normandie et d’Île-de-France, être envoyés à Paris pour une restauration complète en atelier, puis une installation dans l’église du Saint-Esprit dans le XIIe arrondissement « où il trouvera désormais un nouvel écrin, dont les dimensions et l’acoustique en font un lieu idéal pour sa réimplantation », indique Marie-André Malleville, première adjointe en charge de la culture, des droits culturels et du matrimoine/patrimoine à la ville de Rouen.